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Affaires et industries

Publié le 25/4/2009

Travailleurs et dirigeants se battent pour la survie de l’usine

Feu vert 5 jours, feu rouge 5 jours chez Louisiana Pacifique

Jean Lacaille - Bois-Franc – Les travailleurs ont accepté une diminution salariale, les dirigeants y mettent également les bouchées doubles. Même si la crise frappe comme une démone, l’équipe de l’usine de Louisiana Pacifique de Bois-Franc roule encore alors que les usines de St-Michel-des-Saints et Chambord sont fermées. Et ce n’est pas qu’une question de chance.

«Nous avons réussi à convaincre nos patrons de l’importance de poursuivre la production. Nous avons coupé dans les coûts, demander à nos travailleurs de faire leur part si bien que produisons cinq jours sur cinq, 24 heures par jours à deux factions de 17 travailleurs chacune. Malgré que nous soyons en temps de crise et que celà est trés préoccupant pour nos travailleurs, nous affichons 284 jours (jeudi dernier) sans accident. C’est un effort d’équipe qui parle de lui-même», précise Alain Leclerc, le directeur de l’usine alors qu’il recevait une délégation de gens d’affaires membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Maniwaki pour un 5 à 7 jeudi dernier à l’usine de Maniwaki à Bois-Franc.

L’objectif premier est de maintenir le niveau de la sécurité au travail au maximum. L’usine de Maniwaki se spécialise dans la fabrication de panneaux de lamelles orientés (oriented strand board). LP est le premier producteur de bois de construction dans le monde et compte 26 usines sur la planète dont 17 en aux États-Unis et quelques-unes au Brésil et au Chili. L’usine de Maniwaki est la seule à produire ce type de panneaux dans l’Est du Canada.

Des pertes


Les travailleurs ont consenti des pertes entre 8 000 $ et 12 000 $ par année pour traverser la crise et ils seront prêts à revenir en force à la reprise. «Nous sommes tous fiers de notre maintien en production et ce n’est pas l’effet de la chance. Nos travailleurs sont parmi les meilleurs de toute la famille LP. Ils sont expérimentés et dévoués à leurs tâches», insiste Alain Leclerc.

L’usine a été inaugurée en 1997 au coût de 120 millions $. Les fameuses poutres en I sont la spécialité de la maison. «Nous produisons jour et nuit avec une seule idée en tête, la qualité de notre produit. Les panneaux sont produits en essences de tremble, bouleau et érable. Nous produisons, en tout et partout, 15 134 700 panneaux OSB soit l’équivalent d’une distance de 36 891 kilomètres», poursuit Alain Leclerc.

En temps normal, LP compte 200 employés directement à l’usine et 600 emplois indirects pour un chiffre d’affaires de 100 millions $ par année.

Matière première éloignée


Le bois est loin. L’usine de Maniwaki doit parcourir 182 kms en moyenne pour s’approvisionner. Le fait que la matière première soit loin de l’usine a des incidences sur les coûts de production. L’usine de Maniwaki doit débourser 123 $ la corde pour son bois contre 80 $ pour une usine de l’Ouest et 60 $ la corde pour les usines situées au sud des États-Unis. «Et malgré toutes ces embuches, nous sommes toujours en opération. Au niveau des coûts de production, notre usine est la meilleure de la famille LP.»

Les chemins forestiers


Québec fait largement sa part dans la réfection des chemins forestiers, notamment celui de Lépine-Clova. Les dirigeants locaux de LP, sans vouloir trop mettre de piquant dans les pourparlers, aimeraient bien que le fédéral en fasse autant. Il n’y a pas que la réfection des chemins qui importe, la formation des travailleurs est également un dossier majeur. L’usine LP de Maniwaki anticipe une brèche dans l’industrie du meuble.

«Il est beaucoup plus important d’opter pour la formation de nos travailleurs que de les envoyer au chômage. Il faudrait que les gouvernements s’entendent. Les chemins se détériorent de plus en plus. C’est le temps de les réparer et de mettre des gens au travail. On nous promet des crédits d’impôts qui ne seront remboursables que dans trois ans. Nous avons tenu une douzaine de rencontres sur le chemin Lépine-Clova et nous sommes encore au point de départ. Et le problème est le même pour AbitibiBowater.»

La collaboration


Au niveau des opérations forestières, LP collabore beaucoup avec la forestière AbitibiBowater qui connaît actuellement beaucoup de problèmes financiers. Alain Leclerc est d’avis que si AbitibiBowater tombe, il n’y a aucun doute que ça va faire mal à LP.

Même si le contexte est difficile, Alain Leclerc affirme que la région est chanceuse d’avoir chez elle une si grosse usiine.

Une quarantaine de gens d’affaires de la région ont participé à la visite de l’usine jeudi dernier et le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Maniwaki (CCIM), M. Claude Benoit, a remercié, au nom des membres, les dirigeants de l’usine de Maniwaki pour leur accueil chaleureux. Avant la visite, un document audio visuel (Power Point) a été livré par le directeur de l’usine, Alain Leclerc, expliquant la mission de LP dans la Vallée-de-la-Gatineau.

 
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