Publié le 27/9/2008
«Nous n’avions aucune autre option que de partir» - Gilbert Whiteduck
Kitigan Zibi se retire de la Forêt de l’Aigle
Jean Lacaille - Kitigan Zibi Anishinabeg – Kitigan Zibi Anishinabeg (KZA), membre fondateur de la Corporation de gestion de la Forêt de l’Aigle (CGFA) en 1995, a décidé de couper les ponts avec l’organisme. La décision n’a pas été facile.
Elle fait suite à une rencontre qui a eu lieu le 16 septembre dernier au bureau du conseil de bande à laquelle assistaient le président de la CGFA, Robert Lemieux, le chef de KZA, Gilbert Whiteduck, le directeur administratif Jean-Guy Whiteduck, Mme Linda Dwyer et le conseiller René Commando. Deux jours plus tard, une lettre était acheminée au président Lemieux pour l’nformer de la décision.
«Nous vous remercions d’avoir écouté avec sérieux nos considérations et partagé, avec nous, vos inquiétudes au sujet de la Corporation», commente le chef Whiteduck.
KZA se retire donc du conseil d’administration mais continue d’affirmer que le territoire public qui est actuellement administré et exploité par la CGFA, est un territoire ancestral non cédé de la communauté algonquine de KZA. «Nous tenons à rappeler que nous n’avons jamais abandonné nos droits et nos responsabilités sur ce territoire», ajoute le chef Whiteduck.
Décision mûrie
Le retrait de KZA ne s’est pas fait d’un coup de dés. La situation financière difficile de la CGFA est à l’origine de cette décision. Depuis mai 2008, KZA a adressé des demandes officielles et répétées afin d’obtenir un rapport de vérification de la situation financière sur les pratiques qui prévalent actuellement au niveau de l’exploitation et de la gestion administrative de la CGFA. Les Algonquins ont insisté pour obtenir la rédaction d’un plan stratégique réaliste et détaillé qui fixerait les visions actuelles et futures.
«Nous avons exigé la mise en place immédiate d’un plan de recouvrement de la dette. La CGFA n’a pas acquiescé à nos demandes qui sont légitimes. C’est pourquoi, nous avons décidé de nous retirer», ajoute le chef Whiteduck.
KZA demande aux administrateurs de la CGFA de maintenir le statu quo au sujet des équipes de travalleurs forestiers qui récoltent actuellement le bois, du moins pour cette saison. «De même, en respect pour le longues périodes durant lesquelles la communauté de KZA a protégé financièrement la CGFA, en n’exigeant pas le paiement des sommes dues pour les travaux forestiers effectués par les employés de KZA, nous demandons que, pour les années futures, que les contrats liés à la récolte des bois sur la Forêt de l’Aigle, soient, en priorité, offerts à la communauté de KZA et que des arrangements justes et équitables soient enfin conclus entre nos deux parties.»
La gestion du territoire
KZA informe les administrateurs de la CGFA, à la lumière de la situation financière actuelle qu’elle juge déplorable, qu’elle entreprendra officiellement des démarches afin d’obtenir la gestion du territoire connu de la Forêt de l’Aigle afin d’en protéger les ressources naturelles.
«Notre objectif sera de redonner à ce territoire l’allure d’une forêt modèle expérimentale, où les pratiques seront certifiées et adéquates pour qu’elle rejoigne, à nouveau, les fondements qui ont mené à sa création il y a 10 ans.»
Un président déçu
Robert Lemieux est déçu de la décision de KZA. «Je comprends toutefois leurs inquiétudes. La crise forestière frappe notre organisation de plein fouet d’où originent nos difficultés financières. Nous avons été obligés de nous réajuster en coupant dans notre budget jusqu’à concurrence de 200 000 $. Nous avons remercié quelques employés et ceux qui demeurent en place ont accepté des baisses salariales. Le temps peu clément que nous avons connu cet été a eu un effet négatif sur l’achalandage en juillet et nos coupes de bois ont été interrompues à cause de la pluie. Il faut dire que nos exploitations forestières coûtent cher puisque nous devons les faire en fonction d’une exploitation multiressources. D’ici le 30 septembre, nous devrions être fixés quant à l’orientation que nous devrons prendre pour rajuster le tir».