Publié le 28/5/2009
«Nous nous donnons trois ans pour redresser la barre» - Robert Lemieux
Le redressement de la Forêt de l’Aigle avance à pas de tortue
Jean Lacaille - Maniwaki – La Forêt de l’Aigle, qui avait été branchée sur le respirateur artificiel il y a quelques semaines, reprend graduellement du poil de la bête. Le président de la Corporation, Robert Lemieux, affirme que les gestionnaires ont les affaires bien en main et que le redressement des finances de l’organisme est sur la bonne voie.
«Nous avons enregistré des pertes financières au cours des trois dernières années. La situation ne peut plus continuer comme ça. Les gestionnaires ont exigé des profits pour 2009 et nous avons révisé notre administration en général en exerçant un ménage complet. Nous avons demandé de l’aide au Centre local de développement de la Vallée-de-la-Gatineau de même qu’à la Société d’aide au développement des collectivités de la Vallée-de-la-Gatineau pour restructurer notre organisation sur des bases solides. Les deux organismes suivront notre développement au cours de la prochaine année», précise Robert Lemieux.
Les gestionnaires, lors d’une rencontre il y a deux semaines, ont convenu de remettre l’organisme sur ses rails d’ici trois ans. La diminution à la baisse de la possibilité forestière, de l’ordre de 64 %, par le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec n’aide en rien la Corporation dans sa poursuite d’un redressement à court ou moyen terme.
L’Institut québécois de l’aménagement de la forêt feuillue (IQAF) avait estimé à 44 000 mètres cubes la possibilité forestière de la Forêt de l’Aigle. «Mais selon les autorités du ministère, la possibilité forestière établie par l’IQAF a été mal évaluée selon Robert Lemieux. Le ministère après avoir analysé quelque 400 placettes déterminait la possibilité forestière de la Forêt de l’Aigle à seulement 16 000 mètres cubes par année. C’est nettement insuffisant.»
«Nous sommes toujours en pourparlers avec les autorités du ministère pour que cette possiblité forestière soit révisée à la hausse. Nous attendons une réponse à notre demande d’ici vendredi. Il y avait une lumière au bout du tunnel il y a deux semaines, mais là, on peut dire que c’est sombre à moins que nous ayons une bonne nouvelle vendredi.»
Mauvaise administration
Le président Robert Lemieux a avoué que la Forêt de l’Aigle avait été mal administrée au cours des dernières années. Il a également avoué que la Corporation avait commis une grave erreur en ne comblant pas, de façon permanente, le poste de directeur général. «Si on l’a pas fait, c’est qu’on faisait des coupures dans le budget.»
Il a également précisé que des entreprises locales auront l’opportunité d’offrir leurs services pour la coupe forestière et la gestion récréotouristique de la Forêt de l’Aigle. Il a également confirmé que la mission première de la Corporation était de maintenir le principe de la forêt habitée pour lequel l’organisme sans but lucratif avait été fondé il y a quelques années.
Quant à l’administration, la Corporation a confié son analyse au consultant Michel Mageau. «Nous maintenons que nos normes de base concernant le développement de la forêt soient respectées par les intervenants. Nous débuterons nos coupes forestières en août. Des candidats sont en lice pour l’obtention du poste de superviseur des coupes forestières laissé vacant par le départ de M. Yves Lamarche.»
Les fournisseurs
Le président n’a pas nié que la Corporation avait perdu la confiance de ses fournisseurs. «Cela me touche énormément. Il faut rétablir cette norme. Il faut payer nos fournisseurs locaux», ajoute le président qui répondait à une question relativement au refus d’un fournisseur de réparer et de faire le plein de carburant du quad qui sert à l’entretien de la piste cyclable dont le mandat lui a été confié par la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau et qui représente un budget de 80 000 $ pour la saison 2009.
Les activités récréotouristiques
Tout en indiquant que les activités touristiques étaient en branle dans la Forêt, et que les réservations pour le sentier suspendu et les tyroliennes allaient bon train, le président déplore le fait que ses attractions ne sont pas prisées par la clientèle de la Vallée-de-la-Gatineau. «Les gens de la région devraient profiter de nos infrastructures mais la très grande majorité de la clientèle provient de l’extérieur de la Vallée-de-la-Gatineau. Nos installations sont méconnues par les gens d’ici. Ce sont les visiteurs de l’extérieur qui font tourner la roue dans nos installations au Black Rollway.»
Le président a également précisé que la Corporation avait perdu un demi million de dollars à la suite d’un bris de contrat avec la forestière Commonwealth Plywood de Low. «Il a fallu vendre le bois que nous avons coupé à des prix dérisoires pour minimiser les pertes. L’affaire est actuellement devant les tribunaux.»
L’organisme coupe en moyenne 35 000 mètres cubes de bois par année au cours des dernières années. «Si on nous permettait de continuer dans la même veine, nous serions en mesure de rétablir notre situation financière beaucoup plus rapidement. La Forêt de l’Aigle est un joyau économique pour la région et elle est appuyée par les instances gouvernementales.»
Le président se dit ouvert à une co-gestion de la forêt avec Kitigan Zibi Anishinabeg. «Prés de 50 % de nos travailleurs forestiers sont des Algonquins et nous continuerons de leur faire confiance. Kitigan Zibi est bienvenue dans notre organisation», conclut le président, Robert Lemieux.