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Affaires et industries

Publié le 7/2/2009

Il ne manque que les promoteurs pour la mettre en valeur

Les billets verts sont dans la forêt valgatinoise

Jean Lacaille - Maniwaki – La conférence de l’ingénieur forestier Benoit Labrecque a été brève lors du 5 à 7 de la Chambre de commerce et d’industrie de Maniwaki mercredi dernier à l’Hôtel Le Château Logue Golf & Resort de Maniwaki. La forêt valgatinoise regorge de produits de transformation. Il ne manque que les promoteurs.

Il appert également, selon le comptable François Langevin, qu’une foule de programmes gouvernementaux sont disponibles pour les promoteurs qui auraient envie d’y investir. En ce temps d’incertitude économique, c’est en plein le temps de pondre des projets qui pourront prendre leur envol dès la reprise.

«Tous les produits que j’ai énumérés ce soir lors de mon exposé, on les retrouve dans la forêt valgatinoise. Parfois, un simple petit investissement peut générer des profits intéressants et créer des emplois dans la deuxième et troisième transormation. Des produits tels un manche de brosse à dents ou une lamelle de bois pour enlever les rôties du grille-pain peuvent être développés et mis en marché. Il suffit d’un peu d’audace, c’est tout», précise Benoit Labrecque.

Les quelques millions annoncés lors de l’adoption du Budget du gouvernement Harper pour de l’aide directe à l’industrie forestière ne suffisent pas. Il faut donc diversifier et fignoler des projets susceptibles de se réaliser à moyen terme.

Benoit Labrecque a énuméré les produits susceptibles d’être mis en valeur à même la forêt valgatinoise. Les opportunités d’affaires sont nombreuses. «La Forêt de l’Aigle est un exemple de ce que nous pouvons faire en forêt. L’exemple de la forêt habitée est un gage de succès pour notre région. Mais il n’y pas que ça.»

C’est pas d’l’onguent


La forêt d’ici regorge de produits pharmaceutiques et d’érablières, surtout en forêt publique, qui n’attendent que les promoteurs. Les petits fruits, surtout le bleuet, et même le ginseng, peuvent y pousser à profusion. La forêt fournit également des médicaments, comme le Taxol, qui provient du taxus, un médicament qui s’avère efficace pour traiter le cancer.

Mais il y a aussi le panneau MDF, le panneau particule, les copeaux, le papier et les sciures du bois de même que le bois d’oeuvre qui se transforme en poutrelles, en contreplaqué, en panneaux OSB, mellé-collé, le bois de composite, le colombage et la lamelle collée.

Dans le domaine résidentiel, les maisons se construisent de plus en plus en usine d’où une économie de main-d’oeuvre. «C’est simple, le bois peut servir à tout. Le bois peut être la matière dominante de la maison, tant les meubles, la charpente et l’extérieur. Le bois est notre matière première. Une maison en bois est résistante à tous les climats.»

Il y a aussi le bois de chauffage, les granules et les nouveaux produits de bois plastique, le bois ciment qu’on utilise maintenant pour construire les étages supérieurs des buildings. Il est plus léger et plus flexible.

Le bois de la musique


Il y a également le bois qui produit des instruments de musique, des objets d’utilisation courante, les objets de luxe et de mode. On retrouve également les boîtiers de cellulaire et d’ordinateur en bois, une montre-bracelet en bois et même, une automobile en bois.

Il y a les panneaux gaufrés, les palettes de manutention. «Il existe même une industrie en Gaspésie, Sapin des Monts, qui ne se sert que cette essence pour produire une foule de produits. Si celà se fait en Gaspésie ... »

Le cèdre pour la chambre de bain, pour le manche de la brosse à dents ou la lamelle de bois pour enlever les rôties du grille-pain. Le bois peut être transformé en panneau composite et servir d’isolant thermique et sonore.

Une multitude de produits


Le bois est un produit à base d’hydrogène et d’oxygène. Il peut même produire du papier bioréactif, du papier électronique et effaçable. Et il y a les bio-carburants, l’éthanol par exemple. D’ici 2012, on retrouvera 5 % d’éthanol dans l’essence.

Tembec, au Témiscamingue, exploite une raffinerie de co-génération. Nous sommes à l’ére de la bio-énergie. Ce sont les technologies du futur. Il est maintenant question de cellulose nanocristalline et de protéines de synthèse. C’est ce qu’on appelle la diversification.

«On retrouve tout ce que je viens d’énumérer dans notre forêt. Avec une mise de fond de 10 %, on peut obtenir des subventions jusqu’à concurrence de 60 % du coût total d’implantation des projets. Il s’agit d’une structure fiscale très intéressante. Il y a également la Banque de dévelopement du Canada qui pourrait s’impliquer dans divers projets», insiste le comptable François Langevin.

«Il faut plus que ce qui a été annoncé dans le budget fédéral pour créer une industrie forestière solide. Il faut des promoteurs, des investisseurs qui auront l’audace de réaliser des projets ici, avec les gens d’ici», conclut Benoit Labrecque.

 
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