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Affaires et industries

Publié le 20/11/2008

Les trois gros joueurs sont toujours dans la partie

Les forestières rassurent les commerçants

Jean Lacaille - Maniwaki – Alain Leclerc de Louisiana Pacific, Paul Grondin d’AbitibiBowater, Steeve Charest du Groupe Lauzon et Benoit Labrecque du CLD de la Vallée-de-la-Gatineau ont entretenu les 90 femmes et hommes d’affaires sur la situation qui prévaut actuellement dans l’industrie forestière lors du 5 à 7 de la Chambre de commerce et d’industrie de Maniwaki (CCIM) qui avait lieu le mercredi 12 novembre dernier à l’Hôtel Le Château Logue Golf & Resort à Maniwaki.

Claude Benoit, président de la CCIM, s’est réjoui de la forte participation des membres à ce 5 à 7 dont l’objectif était de faire le point sur l’industrie forestière dans la région.

Toujours dans la partie


Alain Leclerc, directeur de l’usine de Louisiana Pacific de Maniwaki à Bois-Franc, affirme que la forestière s’attendait à un ralentissement économique mais pas aussi significatif que celui qui prévaut actuellement.

L’usine de Chambord a été fermée de même que celle de St-Michel-des-Saints «mais on est toujours dans la partie à Maniwaki. Neuf usines ont fermé leurs portes au cours des trois dernières semaines. Nous n’avons pas de demande pour notre bois. La situation a forcé la compagnie è réduire à 145 les 200 emplois directs à l’usine.»

La forestière devra diminuer ses coûts d’opération pour faire face à la chute du marché domiciliaire aux États-Unis. Mais la compagnie souhaite continuer tout de même les opérations surtout à l’usine de Maniwaki qui est considérée comme la meilleure de la famille de Lousiana Pacific. De fait, Maniwaki est la seule usine en opération à l’Est du Canada.

«Nous devons conserver notre optimisme. Le meilleur est à venir. Nous voulons garder nos employés le plus longtemps possible parce qu’ils sont les meilleurs.»

AbitibiBowater


Paul Grondin, directeur de l’usine de Maniwaki d’AbitibiBowater a indiqué qu’il s’agissait de l’une des meilleures années pour la compagnie. L’évolution du marché a forcé la forestière à innover. La décision de modifier le mode de prodution de l’usine dans la coupe des billes en 10 pieds de longueur a amélioré le rendement de 40 $ du millie pieds à la vente de la matière.

«Nous n’avons pas aboli de poste. Si on met tous la main à la pâte, nous allons passer au travers de cette crise. Nous avons l’appui et la collaboration de nos travailleurs. Nous avons fermé pendant deux semaines mais il faut dire que les meilleurs sont les derniers à fermer.»

La fermeture de la forestière Smurfit-Stone dans le Pontiac a eu beaucoup d’impact sur la décision d’AbitibiBowater de procéder à cette fermeture temporaire. «Nos inventaires sont trop élevés. Il a fallu arrêter de produire. Nos travailleurs n’ont pas eu à attendre pour percevor leurs prestations d’assurances-emploi.»

Les opérations forestières sont tout de même maintenues. «Et je dois dire, qu’au niveau de la fourniture en copeaux, Gatineau a beaucoup plus besoin de Maniwaki qu’on pourrait le croire. La performance de nos travailleurs en usine avec leurs 800 jours sans accident au travail est un exemple pour l’industrie.»

Cette performance a attiré l’attention de l’industrie au point ou une trentaine de directeurs généraux de forestières très connues viendront voir de plus près ce qui se passe à l’usine d’AbitibiBowater de Maniwaki où les travailleurs ont développé des habitudes de travail peu communes dans le domaine.

«La compagnie vient d‘investir 110 000 $ dans l’aménagement d’un écorceur ce qui prouve qu’on est là pour rester.»

Le groupe Lauzon


Le mode de production du Groupe Lauzon diffère de Lousiana Pacific et d’AbitibiBowater. Il se spécialise dans le recouvrement de plancher en bois. Et comme la rénovation se porte bien, le Groupe Lauzon réussit, malgré la crise, à performer sur le marché.

Le plancher de bois franc apporte une grande notoriété au Groupe Lauzon, selon son représentant, Steeve Forest. Les ventes ont cependant augmenté plus difficilement en 2008. «Mais, nous croyons être en mesure de conserver notre part du marché en 2009 et même de l’accroître surtout que nous avons développé le nouveau créneau des grandes surfaces. Nous avons conclu une entente de trois ans dans la fourniture de notre plancher de bois franc avec 186 magasins de la firme Home Depot.»

L’usine de Maniwaki du Groupe Lauzon se spécialise dans le type de confection du contre-collé. Le Groupe Lauzon maintient deux factions quotidiennes à l’usine de Maniwaki. «Notre qualité de main-d’oeuvre est exceptionnelle. On a rarement vu ça ailleurs qu’à Maniwaki.»

Le Groupe Lauzon investit dans le produit renouvelable dans le souci de préserver l’environnement. Le Groupe tourne au vert, y voyant une belle occasion de diversifier sa production.

Le président, Claude Benoit, a noté l’importance de demeurer positif et s’est réjoui de l’attitude des représentants de ces trois compagnies qui préparent déjà la reprise.

Le transport forestier


L’homme d’afffaires de Maniwaki, Joël Branchaud, propriétaire d’une flotte de camions de transport du bois s’est élevé contre la présence constante de transporteurs de l’extérieur alors que plusieurs entrepreneurs locaux sont au beau fixe. «Il faut faire quelque chose. Il me semble que ce n’est pas normal.»

La crise


Benoit Labrecque a parlé de la crise financière qui frappe les États-Unis où il y a de plus en plus de chômeurs. Il y a peu de temps, on construisait 2 millions d’unités de logements aux États-Unis. Cette production est tombée à 800 000 en 2008. C’est deux fois moins qu’il y a deux ans.

«Au niveu de la forêt, on a atteint le fond du baril. Nous notons une perte de l’ordre de 14 % des emplois dans ce seteur depuis 2005. En Outaouais, nous en avons perdu 600 emplois ce qui équivant en des pertes salariales de l’ordre de 150 millions $. Lors de la reprise, la Vallée-de-la-Gatineau sera prête puisque des projets sont en place pour faire feu dès la reprise.»

La biomasse fait partie de la solution. La production de granules, d’éthanol, de bûches de bois écologique sont autant de produits qui seront créés à la reprise. «Il faut développer des substituts de bio-raffinerie. La Vallée-de-la-Gatineau devrait immédiatement se préparer en ce sens. De plus en plus de villégiateurs viendront chez nous. C’est une bonne nouvelle. Les gens retraités sont une excellente clientèle. La crise est le moment idéal pour préparer la reprise.»

 
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