Publié le 6/8/2009
Les plus gros vont bouffer les plus petits selon Jeanne Gainsford
Les producteurs de boeuf agonisent dans la Vallée-de-la-Gatineau
Jean Lacaille - Gracefield - Les nouveaux critères du Programme de l’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) qui relève de la Financière agricole du Québec ont été adoptés sans une consultation des producteurs agricoles et vont entraîner la mort certaine des fermes familiales traditionnelles de la Vallée-de-la-Gatineau.
C’est ce que croient les productrices Jeanne Gainsford de Gracefield et Colette Canavan de Denholm qui sont intervenues sur cette question lors de la dernière séance mensuelle du Conseil des maires de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau.
Pour bien comprendre le problème, La Gatineau, a rencontré Mme Jeanne Gainsford de la Ferme Gainsford, 4e génération, à Gracefield. «En 2011, il n’y aura plus de compensation pour la vache. Tout va être concentré sur le veau. Cela va encourager les producteurs à donner des hormones à leurs vaches ce que nous ne voulons pas faire dans la région. Nous demandons à la Financière agricole du Québec d’imposer un moratoire avant la mise en place de ces nouveaux critères qui laissent très peu de chances aux petits producteurs que nous sommes en région», indique Jeanne Gainsford.
Quelques producteurs de la région se sont rendus à Québec en avril dernier pour essayer de renverser la nouvelle politique. «Cette nouvelle politique quand au coût de production signifie la mort des producteurs de boeuf de même que des fermes familiales telles que nous les connnaissons dans le moment», ajoute Jeanne Gainsford.
C’est quoi ?
Le Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) vise à garantir un revenu annuel net aux entreprises agricoles du Québec. La compensation est versée lorsque le prix moyen de vente d’un produit est inférieur au revenu stabilisé. Le revenu stabilisé est basé sur un coût de production établi après enquête auprès des entreprises agricoles spécialisées dans chaque secteur. Il est ensuite évalué annuellement. En adhérant à l’ASRA, les producteurs s’engagent à participer au programme pour une durée de 5 ans.
Le programme joue un rôle en fonction d’une intervention basée sur le coût de production établi à partir de fermes modèles en complémentarité avec le programme Agri-Investissement. L’intervention du Programme ASRA sera ajustée afin de tenir compte des montants qu’auraient reçus les fermes modèles si elles avaient participé au programme Agri-Investissement.
«Il s’agit d’une concurrence déloyale pour nous, petits producteurs. Nous ne pourrons rivaliser avec les gros producteurs, c’est certain, et la nouvelle politique concerne tous les producteurs, peu importe leurs spécialités. Plusieurs producteurs travaillent à l’extérieur parce que la production du boeuf n’est pas rentable dans le moment. La Ferme Gainsford de Gracefield en est à sa quatrième génération. Nous voulons bien continuer de produire mais il faudait qu’on nous donne les moyens de produire en fonction d’une rentabilité, sinon on ne pourra sauver la donne en milieu rural. On réclame de la relève mais ont fait tout pour lui mettre les bâtons dans les roues», renchérit Jeanne Gainsford.
Les producteurs vont sûrement revenir au conseil des maires pour réclamer un appui à leurs revendications afin qu’ils puissent forcer les autorités à adopter un programme qui assurera la rentabilité des petits producteurs autant que les gros.