Publié le 14/1/2010
Quelque 10 000 mètres cubes de bois sont récupérés au Lac Murray
Jean Lacaille - Lac Murray - La tornade du 4 août dernier qui avait pris naissance au Lac Murray à Aumond se propageant jusqu’à Mont-Laurier a dévasté la forêt de ce secteur sur sept kilomètres par 300 pieds de largeur dans le territoire de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau. Monsieur Chablis a commandé une opération nettoyage qui a débuté en décembre dernier.
André Riopel, de la Société Sylvicole de la Haute-Gatineau (SSHG), nous a fait visiter le secteur mardi matin. Après l’avior survolé en hélicoptère à deux reprises, Monsieur Chablis n’avait qu’une idée en tête : récupérer tout le bois jonchant le sol sur sept kilomètres, une opération pour le moins audacieuse qui se fait mécaniquement depuis quelques semaines. Presque tous les dommages ont été inventoriés sur la forêt publique.
L’équivalent de 100 hectares de boisé ont été dévastés sur les terres publiques et un volume tout aussi important en forêt privée. «Nous nous occupons de la forêt publique alors que les propriétaires de la forêt privée sont libres de faire à leur guise sur leurs propriétés», précise André Riopel.
Toute une commande
Un plan spécial de récupération a été mis au point en collaboration avec les autorités du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNFQ). Un permis a été émis avec les bénéficiaires de contrats d’approvisionnement et d’aménagement forestier (CAAF).
«Il a fallu attendre un peu puisque plusieurs forestières n’opèrent pas en période automnale. Il fallait aussi respecter le territoire de chasse des amateurs de chasse sportive dans ce secteur. C’est un peu comme si la SSHG faisait de la foresterie sociale. Il faut s’entendre avec tous les intervenants et respecter les diverses utilisations qu’on fait de la forêt. Les opérations mécanisées ont débuté à la mi-décembre et devraient se poursuivre jusqu’en mars prochain.»
Acheminement aux usines
La récolte prévue est de 10 000 mètres cubes de bois, composés d’arbres feuillus dans une proportion de 50 %, 25 % de résineux et 25 % de peuplier. Les arbres sont récupérés par des débusqueuses puis déposés près du chemin forestier qui a été construit pour la durée des travaux. Ils sont par la suite acheminés aux usines de Louisiana Pacific à Bois-Franc, AbitibiBowater et le Groupe Lauzon à Maniwaki.
Les entrepreneurs forestiers Daniel et Serge Beaudoin, de Déléage, ont récupéré le bois de chauffage qui a été transporté, par camion, dans les réserves algonquines de Lac Barrière (50 conteneurs) et Kitciakik (20 conteneurs). La Gatineau réalisera un reportage sur ces projets de bois de chauffage en compagnie de André Riopel au Lac Barrière dans deux semaines.
«Avec le transport forestier, le projet représente la création d’une vingtaine d’emplois pour une durée de 12 semaines. L’impact économique de la récupération des chablis est évident. Nous faisons au Lac Murray ce que nous avons fait dans la réserve faunique La Vérendrye en 2006. Bien sûr, nous devons faire face à des contraintes puisque nous devons transiger avec tous les utilisateurs de la forêt. Nos travaux dans le secteur du Lac Murray nous ont permis de rétablir le sentier de motoneige des Ours blanc qui est très populaire auprès des motoneigistes. Nous tissons des liens avec les utilisateurs. Nous invitons d’ailleurs les motoneigistes qui empruntent ce sentier d’être prudents lorsque les opérations forestières quotidiennes ont cours dans le secteur. À l’automne 2010, nous allons reboiser le secteur pour lui redonner, avec le temps, la vigueur d’antan.»
La mécanisation est utilisée pour les opérations forestières dans le secteur du Lac Murray puisque la cueillette manuelle est beaucoup trop dangereuse pour les bûcherons.
André Riopel est particulièrement fier de la collaboration des forestières AbitibiBowater, Louisiana Pacific et le Groupe Lauzon qui se partage le coût du transport de la matière première qui est évalué à 20 000 $.
«La SSHG coordonne les opérations. Le projet fonctionne comme sur des roulettes. Nous sommes particulièrement fiers des ententes que nous avons pu réaliser avec les gens de Lac Barrière et Kitciakik. Il est bien évident que ces deux communautés bénéficient de notre ouverture d’esprit. Nous espérons que cette collaboration entre la SSHG et les communautés algonquines pourra se renouveler dans le futur.»
La tornade du 4 août dernier est passée à l’est du Lac Murray. Elle a détruit au moins une résidence dans le secteur puis en a endommagé une autre sur le chemin de la rivière Joseph à Déléage. André Riopel n’ose même pas s’imaginer tous les dégâts qu’elle aurait pu faire si elle était passée en plein coeur de la ville de Maniwaki comme ce fut le cas à Mont-Laurier.