Publié le 5/2/2008
Bernard Poirier a réalisé son rêve d’enfance
Roger Nolan – Mont-Laurier – Bernard Porier, lequel a déjà travaillé à Maniwaki, a marqué à sa façon la dernière décennie en ce qui a trait au monde des communications.
Depuis 27 ans, à titre de professeur au département Arts et Technologies du Cégep de Jonquière, il a formé plus de 400 animateurs et animatrices qui oeuvrent aujourd’hui dans différentes stations de radio et de télé du Québec. Parmi ses anciens élèves, on retrouve plusieurs visages connus du petit écran dont Ève-Marie Lortie de Salut Bonjour à TVA, France Beaudoin, de Bons Baisers de France à la SRC, Stéphane Leroux de RDS, Josée Bournival du Canal Évasion, l’humoriste Laurent Paquin et beaucoup d’autres. D’ailleurs, Gaétan Bussières, animateur du matin à CHGA-FM figure parmi ses anciens élèves.
Dès son jeune âge, Bernard Poirier était attiré par la radio et il lui arrivait fréquemment de se réfugier au sous-sol de la résidence familiale et à l’aide d’un rouleau de papier hygiénique, en guise de micro, il passait des heures à lire des nouvelles, à livrer des prévisions de la météo et à présenter des chansons fictives. Durant ce temps, il rêvait également de faire carrière dans la LNH. Possédant un certain talent pour ce sport, des dépisteurs surveillaient son évoluton de très prés. Ayant vécu sa première expérience en radio à l’âge de 16 ans, à l’aube de ses 18 ans, un soir il fut confronté è un véritable dilemme alors que son père le sommait de lui faire savoir, le plus tard le lendemain matin ce qu’il entendait faire dans la vie. Trois choix s’offraient à lui, soit de suivre les traces de son père qui durant 37 ans a été papetier à la Québec North Shore de Baie-Comeau, soit d’opter pour une carrière hypothétique au hockey ou de suivre un cours en radio.
Une nuit à réfléchir
Ayant passé la nuit à réfléchir à son choix de carrière, même en sachant que sa décision allait déplaire à son père, il lui annonçait qu’il optait pour la radio. Ayant le choix entre Québec ou Montréal, pour suivre son cours, il décidait de s’inscrire à l’Académie nationale des annonceurs de Montréal laquelle était dirigée par Robert Germain. Les mois passèrent et la journée même où il recevait son diplôme, soit en 1969, il prenait le train en direction de Matane et par la suite le premier bateau se rendant à Baie-Comeau. À son arrivée chez-lui, le directeur des programmes de la station locale, Camile St-Pierre, s’empressait d’embaucher le nouvel animateur pour lui offrir le quart de nuit, ce qui se voulait le début d’une longue aventure. Son début de carrière fut assez laborieux mais, petit à petit, il réussissait à s’imposer.
Un choix
En 1970, à la surprise de ses parents, il décidait, sur un coup de tête, de voler de ses propres ailes et quitte CHLC pour poursuivre sa carrière à CKCN de Sept-Îles, où il aurait l’occasion de côtoyer des animateurs expérimentés et de pouvoir ainsi grandir dans le métier. Toutefois, en 1971, le directeur de la station, Yvan Ber, le convoquait à son bureau pour lui faire part que la station CFRG, de Gravelbourg, en Saskatchewan, était à la recherche d’un animateur provenant du Québec et qu’une réponse était attendue dans le plus bref délai. Confiant du fait que s’il acceptait ce poste, celà le forcerait à quitter une station et des confrères qu’il appréciait pour aller vers l’inconnu, il décidait néanmoins de vivre l’aventure et, c’est à regret, qu’il quittait son amie de coeur pour finalement prendre l’autobus en direction de Montréal et de là vers l’Ouest canadien, soit un voyage de quatre jours et trois nuits. À son arrivée à Gravelbourg, il eut tôt fait de réaliser qu’il se retrouvait seul dans une région qui lui était totalement inconnue et anglophone par surcroît.
En se présentant à la station, durant un instant, il s’est demandé si l’autobus n’avait pas dévié de sa route pour le conduire directement au paradis, soit lorsqu’il a constaté qu’il serait le seul animateur mâle dans un univers de filles. Inutile d’ajouter qu’il est vite devenu le chouchou de ces dames et comme il le disait : “Je me sentais comme le coq de la place et les invitations à manger et à sortir ne manquaient pas.”
Son arrivée à CFRG a eu pour effet de changer le cours de sa vie. Sur place, il fit la connaissance d’une jeune animatrice originaire de Lac-des-Écorces, soit Fernande Desjardins, dont les parents Réal Desjardins et Aline Sigouin, étaient des cultivateurs bien connus dans cette muncipalité .En passant, le père de Fernande est le frère de l’ancien député de Gatineau, feu Gérard Desjardins. Travaillant comme animatrice d’après-midi, Fernande passait également beaucoup de temps dans la discothèque de la station, ce qui lui a permis de mieux connaître le nouvel animateur. À l’automne de 1971, les deux tourtereaux décidaient de vivre ensemble pour finalement se marier en décembre de la même année. Ayant décidé de se marier civilement, le tout fit scandale dans ce coin de pays où aucun mariage civil n’avait été célébré depuis 14 ans.
Retour au Québec
En février 1972, le couple décide de revenir au Québec et les premiers mois furent passablement difficiles en raison du fait que Bernard était aux prises avec des problèmes de santé, ce qui les forçaient à aller vivre chez les parents de Fernande, pour un certain temps, surtout que le 12 juillet, naissait leur fille Nancy, qui incidemment est le seul enfant du couple. Étant dans l’impossibilité de se trouver un emploi à Mont-Laurier, en 1973, le couple décidait de s’expatrier à Sainte-Agathe-des-Monts où les deux allaient avoir l’occasion de travailler comme animateurs à la station CJSA. Les salaires à cet endroit n’étant pas très élevés, le couple avait de la difficulté à joindre les deux bouts lorsque Bernard reçoit une lettre de la Polyvalente Saint-Joseph de Mont-Laurier, qui lui offrait un poste de professeur pour un groupe d’enfants éprouvant de la difficulté au niveau scolaire et familial.
CKML
En 1975, soit durant les années florissantes de la radio, Bernard devient journaliste à la défunte station CKML de Mont-Laurier tandis que Fernande prend charge de l’émission du matin. Un an plus tard, il troque son poste de journaliste pour celui d’animateur, et en même temps, il prend plaisir à faire de l’animation lors de festivités ayant lieu dans la région. En 1978, il quitte CKML pour la région de la Beauce et quelques mois tard, il se retrouve cette fois à CIPC, de Port-Cartier, où il deviendra le directeur des programmes. En 1979, il est de retour dans la région ayant été embauché comme directeur des programmes pour le Réseau des Laurentides, qui comprenait alors les stations de St-Jovite, Maniwaki, l’Annonciation et Mont-Laurier. En 1980, lors de l’ouverture de CHGA Maniwaki, il se retrouve à cet endroit comme animateur et comme responsable des nouveaux animateurs ce qui se voulait un prélude à ce qu’il allait faire quelques mois plus tard. Cette même année, il réalise un rêve en enregistrant un 45 tours, un de ces poèmes “Tant que je vivrai”, lequel a connu sa part de popularité ayant même réussi à faire le palmarès.
Un peu essoufflé et ayant nettement l’impression d’avoir fait le tour en ce qui concerne son métier, il quitte le milieu de la radio mais il se retrouve soudainement sans le sou et un peu désespéré. C’est ainsi qu’un matin, il décide de se procurer un quotidien pour consulter les offres d’emplois et son regard fut attiré par une annonce du Cégep de Jonquière, lequel était à la recherche d’un professeur. Sans perdre un instant, il décide de postuler et son entrevue ayant été une réussite, sa candidature est retenue pour ce poste. En juillet 1981, il signait son contrat et un mois plus tard, le voilà professeur du département Arts et Technologies et il en est présentement à sa 27e année.
Étant conscient que l’heure de la retraite sonnera bientôt, ce dernier a déjà commencé à préparer son après-carrière et pour le couple, la décision est déjà prise. Lorsque Bernard prendra sa retraite, ils s’installeront à Mont-Laurier de façon définitive et, parions que ce dernier n’aura pas le temps de s’ennuyer car il a la tête pleine de projets.
Bernard a vu le jour le 18 août 1950, à Baie-Comeau, mais il a passé une partie de son enfance et de son adolescence à Haute-Rive, qui est située à quelques kilomètres de là. Il est le fils de Abel Poirier et Marie-Claude Dugas, laquelle est originaire de Ste-Catherines en Ontario. Lors de son arrivée à Baie-Comeau, en 1937, elle était unilingue anglophone. Le couple, qui habite toujours sur la Côte-Nord, a eu cinq enfants, trois garçons et deux filles.
En terminant l’entrevue, Bernard Poirier nous confiait qu’il lui arrive de plus en plus souvent de penser au chemin parcouru depuis ses débuts en radio, en 1969, jusqu’à son arrivée à Jonquière en 1981, et de réaliser qu’il est maintenant grand-père de deux petits-enfants adorables, soit Laurie-Anne, 9 ans et Ludovic, 6 ans.
N.D.L.R. :
L’éditeur de
Allo Outaouais.com a bien connu Bernard Poirier. Il a même fait tourner son 45 tours “Tant que je vivrai”, sur les ondes de CHGA-FM en 1980. Il tient à le saluer, de même que son épouse. Et, à ce moment-là, mon ami Roger Nolan qui signe cet excellent reportage, était le directeur général de la station. Vraiment, c’est encore dans les plus vieux pots, qu’on retrouve le meilleur onguent.