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Coup de coeur

Publié le 10/5/2008

À l’approche de la mort

Les gens ont besoin de soulagement et d’accompagnement

Jean Lacaille – Maniwaki - Il n’y a plus rien à faire quand une personne est à l’article de la mort ? Bien au contraire ! Plus que jamais dans sa vie, elle a besoin d’être soulagée, d’être en bonne compagnie. L’approche de la mort est le moment de la vie le plus important.

C’est l’avis du Dr Guy O’Reilly, un médecin omnipraticien qui a consacré 39 ans de sa vie à soigner la population de la Vallée-de-la-Gatineau et qui était le conférencier invité de la cellule Albatros qui tenait son assemblée générale annuelle jeudi soir à Maniwaki.

Le sujet portait sur les soins palliatifs. D’entrée de jeu, le Dr. O’Reilly a été très clair. “Les soins curatifs visent à guérir le malade, les soins préventifs à prévenir la maladie et les soins palliatifs à les soulager. Il y a toujours quelque chose à faire pour un malade peu importe son état.”

Combien de temps ?


C’est la question que posent la majorité des malades en phase terminale. “On ne sait vraiment pas combien de temps. J’ai entendu trop souvent des spécialistes dire à leurs patients qu’ils en avaient de 4 à 6 mois à vivre. Et finalement, plusieurs malades ont vécu cinq, dix ans de plus. On ne peut prédire, avec exactitude, le temps de vie qu’il reste à un malade. Je m’en abstenais, par respect.”

Adoucir la douleur d’un patient, ne veut pas dire qu’on exclut les soins curatifs. “En ce qui me concerne, l’acharnement thérapeutique n’est pas de mise non plus. Il y a le juste milieu qu’il faut toujours observer. Vous savez, il n’est pas toujours possible de soulager la douleur.”

La souffrance entraîne la déprime, la perte d’appétit, l’insomnie et l’impatience. La douleur est subjective. C’est très facile alors de porter un jugement sur le malade en affirmant qu’il se plaint pour rien. Il ne faut jamais juger de la douleur de quelqu’un.

Un dur coup


La douleur peut également avoir des conséquences psychologiques pour ne pas dire, existentialistes. “Le malade chronique a perdu tout sens de la vie. Il a perdu son rôle social et il se pose des questions sur ce qu’on pense de lui. Il faut voir la personne dans sa globalité. Le cancer gruge le malade de part en part. Et souvent, vous savez, les mésententes familiales font parfois plus mal que la douleur même.”

Comprendre et écouter


Le malade entend tout, il voitet il sent tout. Il est sensible à son entourage. Il faut le comprendre, l’écouter. Le Dr. O’Reilly a d’ailleurs souligné l’excellent travail que font les membres de la cellule Albatros de Maniwaki auprès des malades qui en sont à un point de non-retour.

“Une chose est certaine, le malade sait que vous êtes là. Il sait qu’il sera réconforté, du moins il l’espère grandement.”

Le même scénario


En fermeture de rideau, le malade veut faire les choses à sa façon. Il faut respecter son comportement. Il vit les moments les plus intenses de toute sa vie. Même s’il est certain de mourir, il s’entête à croire le contraire. On n’a pas à partager ses croyances, mais il faut les respecter. Il faut l’écouter avec la tête et le coeur.”

La peur de l’abandon


Le Dr. O’Reilly a collaboré pendant plusieurs années au service de maintien à domicile. Les malades ont peur de la solitude et surtout ils ont peur qu’on les abandonne.

Les médicaments


Il n’existe pas un médicament qui ne produit pas d’effets secondaires. “La posologie est importante puisqu’il faut toujours être au-dessus de la douleur. Il faut, par exemple, un peu de temps pour connaître l’effet qu’aura la morphine sur tel ou tel malade. Et c’est vrai que les gens peuvent voir des choses bizarres et c’est tout à fait normal qu’il en soit ainsi”, répond le Dr. O’Reilly, à un membre Albatros.

L’approche d’un malade en phase terminale est importante. Il faut se calmer quand on entre dans sa chambre. “Il ne sert à rien de lui demander comment ça va aujourd’hui. Vous conviendrez, avec moi, que la question n’est pas de circonstance.”

Le Dr. O’Reilly a effleuré le sujet de l’euthanasie. C’est un geste médical qui est illégal au Canada. “Cependant, je suis de ceux qui croient que la sentence imposée à M. Robert Latimer, par exemple, était nettement excessive. Et M. Latimer n’aurait peut-être pas posé ce geste s’il avait été bien encadré. Dans la vie, on n’a pas réponse à tout.”

En faveur du malade


Le Dr. O’Relly a insisté sur le fait que les médecins rendaient des décisions au meilleur de leur connaissance. “Pour moi, soigner un malade en soins palliatifs est plus gratifiant que de diriger un accouchement. Il y a une vérité dans les soins palliatifs. Les personnes, quand elles approchent de la mort, sont d’une vérité vraiment déconcertante.”

Quant au débranchement des machines qui maintiennent le malade en vie, c’est un pensez-y bien. “C’est une décision sur laquelle le médecin n’a vraiment pas de pouvoir.”

Les progrès de la médecine


Maintenant retraité après 39 ans de médecine, le Dr. O’Reilly affirme que la médecine a franchi des pas de géants. Il est un de ceux qui croient beaucoup en l’informatique. “La recherche médicale a fait en sorte qu’aujourd’hui nous pouvons compter sur des milliers de médicaments pour soigner les malades. Les gens vivent beaucoup plus longtemps, et c’est bien comme ça.”

Le Dr. O’Reilly a bien aimé sa discussion avec les bénévoles de la cellule Albatros de Maniwaki qui lui a remis une oeuvre en vitrail de l’artisan Roger Filiatrault, de Lac Bois-Franc à Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau, membre de la cellule.

 

Félicitations Jean. Tu as le sens de bien résumer ce qui a été dit par le doc . J’ai lu avec intérêt cet article
Salut et à la prochaine....
Roger

Commentaire de Roger Filiatrault le 12/5/2008 à 19h40, Déléage

Bonjour Jean

J’ai tenté de te rejoindre au téléphone sans succès car je tiens à te remercier pour ton article.
Je suis bien honoré de ton témoignage et et t’en remercie.

Guy O’Reilly

Commentaire de Guy O'Reilly le 6/11/2008 à 14h17,
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