Publié le 18/3/2008
Un Belge en amour avec les hivers du Québec
Roger Nolan - Mont-Laurier - Alors que l’hiver 2007-2008 ne cesse de causer de nombreux maux de tête à nombre de municipalités et autres et que les citoyens du Québec sont de plus en plus nombreux à se demander si cet hiver se terminera un jour, nous avons trouvé un oiseau rare, soit un citoyen d’origine Belge qui, lui, adore nos hivers, même celui que nous connaissons présentement. Il s’agit de Laurent Leruite, originaire de Liège, qui a quitté sa Belgique natale, en 1958, pour s’établir définitivement au Québec et pas question pour lui de retourner dans son pays d’origine.
En 1958, M. Leruite avait en sa possession tous les papiers nécessaires pour pour aller vivre au Congo-Belge mais il opta plutôt pour le Canada et il n’a jamais regretté sa décision. A son arrivée au Québec, il décidait de s’installer dans la région de Montréal où il a travaillé au pic et à la pelle pour pouvoir faire vivre sa famille. Son travail consistait surtout à tourber des parterres et autres. A son arrivée, ce qu’il a trouvé de plus difficile a été qu’on le traite fréquemment non pas “d’immigré” mais bien de “déporté”, soit un qualificatif qu’il n’acceptait nullement. Durant plusieurs années, il fut à l’emploi del’Imprimerie Belcan (Belcan pour Belgique-Canada). Il fut également à l’origine du journal “Le trait d’union”, lequel avait pour but de réunir les citoyens d’origine Belge.
Grand amoureux de la nature, alors qu’il habitait Ville Mont-Royal, un beau jour il se rendit au Baskatong et ce fut le coup de foudre pour ce coin de pays. Cette visite fut très déterminante puisqu’elle a eu pour effet de l’inciter à faire les démarches nécessaires auprès du ministère des Terres et Forêts pour l’obtention d’un lopin de terre sur lequel il installa une maison mobile qui allait lui permettre d’avoir un toit lorsqu’il se rendait dans son nouveau coin de pays. Durant ce temps, à la manière d’un castor, il abattait des arbres et il entreprenait de construire un chalet en bois rond qu’il appelle communément “sa cabane au Canada”.
Un beau jour, grâce aux fruits de la vente de trois bâtiments, il entreprit la construction d’une magnifique maison de style canadien sur le chemin de la Baie-des-Sables, dans la municipalité de Grand-Remous, soit une résidence comprenant dix différentes pièces. Aujourd’hui âgé de 77 ans, et après avoir vaincu le cancer, il vit paisiblement dans un environnement qui se rapproche facilement d’un coin de paradis. Il en profite pour faire du VTT, tôt le matin, et pour soigner ses amis, les chevreuils qu’il affectionne tout particulièrement. Deux fois la semaine, il se rend à Mont-Laurier pour prendre un café, tout en jasant avec ses potes. Comme il le répète souvent, il aime la neige, le froid et les québécoises.
Un beau jour, son ex-épouse décidait de retourner dans son pays, mais pas question pour notre homme de quitter son petit paradis. En parlant de son ex-épouse, il ajoutait avec humour que de toute façon cette union n’avait aucune chance de réussir lui étant Wallon et elle Flamande, se reférant ainsi au conflit qui existe depuis longtemps entre ces deux factions. Ses enfants ont décidé, eux, de demeurer au Québec sa fille Caroline demeurant à proximité de son paternel tandis que son fils, Marc, habite Mont-Laurier.
En cette période où il est beaucoup question d’accommodements raisonnables, il est intéressant de constater qu’on a tort de généraliser puisque nombre d’immigrés comme M. Leruite s’intègrent parfaitement à notre société et qu’ils ne cachent pas leur fierté de faire partie de cette grande famille qui est la nôtre. M. Leruite habite notre pays depuis 50 ans et on peut affirmer, sans peur de se tromper, que ce dernier est un acquis pour notre société. M. Leruite nous vous levons notre chapeau pour la façon dont vous avez réussi à vous intégrer à notre coin de pays, soit le nôtre qui est aussi le vôtre.
Je trouve cet article bien fait et merci pour mon père.