Publié le 27/2/2009
Gérald Gagnon a été un acteur important de la culture d’ici
Le Tigre se souvient des belles années du Théâtre Azur
Jean Lacaille - Maniwaki - «À l’affiche cette semaine au Théâtre Azur, un exxxxtraordinaire film en cinémasCOPE couleur, avec en vedette, l’incomparable Sylvester «Stalloune», du jamais vu à l’écran. Venez vendredi, samedi et dimanche. Si vous ne devez que voir un film cette année, c’est bien celui-là. Venez en foule, on vous attend !»
Les baby-boomers de la région se souviennent du message enregistré de l’ineffable Gérald «Tiger» Gagnon, qui, avec son épouse, Charlyse Pelletier, a dirigé le Théâtre Azur étant témoin d’amours de jeunesse «qui ont fait des p’tits», dit-il.
«J’ai ressenti un pincement au coeur quand j’ai appris que la salle Gilles-Carle avait été dévastée par un incendie. C’est tout un patrimoine culturel qui est disparu en quelques heures. Mais il ne s’agissait pas du premier incendie de ce bâtiment. Le Théâtre Azur, construit par M. Phillias Thériault à la fin des années 1950 avait été la proie des flammes dans les années 1960. Tout l’intérieur de l’édifice avait été touché. C’est alors que nous nous en sommes portés acquéreurs, moi et MM. Gérald et Albert Nault.
Le Théâtre Plaza
Le trio d’investisseurs s’était d’abord porté acquéreur du Théâtre Plaza sur la rue Laurier. «M. Rolland Lauriault recherchait un édifice pour y aménager une imprimerie. Nous lui avons vendu le Théâtre Plaza qui avait également été construit par M. Phillias Thériault pour nous concentrer uniquement sur le Théâtre Azur.»
Un amour de coccinelle
Pour promouvoir Un amour de coccinelle porté à l’écran dans les années 1970, Gérald Gagnon a loué une Volkswagen qu’il a fait peinturer en jaune pour mousser son produit. «Cette promotion originale a rapporté. Nous avons présenté le film à guichets fermés sept fois d’affilée. C’était à l’époque ou une sortie au cinéma représentait beaucoup pour les cinéphiles. Des amours sont nées au théâtre et ont fait des petits. Puis ce fut les films ET, les séries Rocky et Jaws et Love Story, Vol au-dessus d’un nid de coucous, Butch Cassidy and The Sundance Kid et plusieurs autres films qui ont marqué l’histoire du cinéma à l’échelle mondiale.»
Pour promouvoir le film Easy Rider, mettant en vedette Peter Fonda, Gérald Gagnon s’est promené en Harley Davidson dans les rues de la ville. Là aussi, son truc publicitaire a rapporté.
Le Ciné Gros Lot
Puis ce fut la folie furieuse. Gérald Gagnon a introduit les fameux Ciné Gros Lot. «C’était épouvantable. Les gens se regroupaient à la porte dès 16h avec leur lunch en main pour s’assurer d’avoir une place à l’intérieur. Nous débutions le Ciné Gros Lot à 18h30 chaque mercredi. Nous remplissions le Maniwaki Inn tellement il y avait de monde au théâtre.»
Une garderie
Puis Gérald Gagnon a introduit les matinées-cinéma à l’intention des jeunes. «Les parents nous confiaient leurs jeunes chaque samedi. Le théâtre était rempli à craquer. C’était vraiment la belle époque.»
Les spectacles
Dans les années 1980, Alain Villeneuve se joint à Gérald Gagnon et tous deux forment ce qui allait devenir Comi-Art. Une série de spectacles ont alors été programmés.
«Le duo Ti-Gus et Ti-Mousse remplissait la salle trois fois par année de même que les Jérolas avec Jérôme Lemay et Jean Lapointe. Puis ce fut le tour de Harmonium, Offenbach, Garolou, Yvon Deschamps, Charles Aznavour. Tous ces artistes ont fait salle comble.»
Comi-Art a alors signé une entente avec le Théâtre populaire du Québec (TPQ) et plusieurs pièces de théâtre, d’auteurs québécois, ont été présentés au Théâtre Azur. «Les gens de la région sont des mordus de culture.»
Un souhait
Gérald Gagnon espère que la salle Gilles-Carle sera reconstruite selon les besoins d’aujourd’hui et avec la technologie de pointe dont on dispose actuellement. «La salle Gilles-Carle est un patrimoine culturel régional. Il faut absolument reconstruire. En terminant, je m’en voudrais de ne pas souligner la contribution exceptionnelle de mon épouse Charlyse Pelletier dans tous les projets qui ont été mis de l’avant au Théâtre Azur et à Comi-Art. Et je salue Alain Villeneuve, un fervent amateur de culture. Nous formions une bonne équipe.»
Gérald Gagnon ne pourra jamais oublier cette folle époque du Théâtre Azur, un success-story qui devrait inspirer la nouvelle génération de promoteurs culturels de la Vallée-de-la-Gatineau.
«Quand on croit à un produit, il faut y mettre toute la gomme», conclut le seul et unique Gérald «Tiger» Gagnon.