Publié le 24/4/2008
L’auteure Louise Dallaire à la biblio de Kazabazua
“L’intuition dicte le langage de l’âme”
Jean Lacaille – Kazabazua – L’intuition est la vérité toute crue. C’est le message du fond de soi qui propulse l’esprit et l’âme dans l’imaginaire des mots qui donnent un sens à tout ce qui bouge, à tout ce qui vit.
C’est le message livré par l’auteure Louise Dallaire, invitée d’honneur de l’organisation de la bibliothèque de Kazabazua qui a été choisie par la Bibliothèque centrale de prêts de l’Outaouais (BCPO) pour souligner la Journée internationale du livre et du droit d’auteur. L’auteure Louise Dallaire a été reçue par Éliana Brennan, directrice de la biblio de Kazabazua et les membres du comité local.
Louise Dallaire est l’auteure du récit Les touristes de vont pas à Abalak, une petite communauté de nomades dans le désert du Sahara au Niger. Une vingtaine de lecteurs, qui fréquentent régulièrement la biblio de Kazabazua ont tenu à rencontrer l’auteure originaire de l’Outaouais et qui, à la surprise de tous, a été directrice de l’école St-Michaels de Low “à une certaine époque”, dit-elle.
Du parler à l’écriture
À son retour du Niger, la grande voyageuse, s’est mise à raconter son voyage à des amis qui ont été fascinés par son périple. De petits groupes se sont rassemblés chez elle pour écouter son récit. Elle n’a donc pas eu le choix. Elle l’a écrit. Mais par quoi commencer, l’histoire est tellement grande.
“Je me suis donc assise face à mon ordinateur et j’ai pensé à des thèmes. Je ne voulais pas en faire un journal de voyage. Il n’y a rien à voir, rien à faire dans un désert. Le soleil se lève et se couche. C’est tout. Et je me suis mise à écrire ce que je voyais dans ma tête. J’ai écrit des thèmes sur des feuilles qui sont devenus mes titres de chapitres. Puis un rêve m’est revenu à l’esprit. J’étais couchée sur le sable à Abalak. Il y avait une bulle rose dans laquelle je distinguais mon livre en trois dimensions. Le livre était donc écrit. Je n’avais qu’à continuer.”
Le cerveau mène tout. Il croit encore plus que soi-même. Louise Dallaire a consacré quatre ans à la rédaction de son récit. C’est le premier et sûrement qu’il y en aura d’autres.
La confiance
“Il s’agit d’un livre sur la confiance totale. Je me souviens avoir ramassé des plumes d’outardes le long de la rivière des Outaouais. Je les ai attachées à un cordon de cuir puis liées à mon sac à dos et je suis partie pour le Niger. Les plumes pour mes amis d’Abalak sont devenues un talisman. Puis les plumes se sont détachées. Mes amis d’Abalak ont voulu me les redonner mais leur place étaient là-bas. Guidée par mon intuition, cette petite voix qui donne la réponse à l’âme, j’ai continué mon périple au Niger où j’ai vécu une foule d’expériences que je n’oublierai jamais.”
Dans le désert du Sahara, le temps n’existe pas. Il n’y a pas d’âge, pas d’heure, pas de date. “J’ai suivi mon intuition. On a sûrement pensé que j’étais devenu folle mais c’est un monde tellement fascinant.”
Les courtisans
Les hommes consacrent des heures à se maquiller. À se faire beaux, et les femmes choisissent leur homme. C’est pour la nuit, la semaine ou la vie. Tous les hommes ont un miroir et portent une épée à la ceinture. Ils élèvent des vaches qu’ils vendent au marché. Et pour l’atteindre, il faut marcher des jours et des jours. Les hommes ont leur parfum qu’ils conservent dans une petite trousse qui pend à leur cou.
Louise Dallaire est retournée au Niger en 2005. Avec la collaboration de l’organisme non gouvernemental (ONG) Partage Tiers-Monde à Aylmer et l’Agence canadienne de développement international (ACDI), elle a réussi à réunir les 40 000 $ requis pour l’aménagement d’un puits à Abalak. “De nomades, mes amis sont devenus sédentaires.”
Elle est retournée chercher de l’eau du puits et en a profité, avec l’aide de son fils, qui est producteur, et un ami, pour tourner un film très révélateur sur les moeurs et coutumes des nomades du Niger. Daniel Bouliane, un compositeur gatinois, signe la trame musicale du film dont nous avons vu un extrait d’environ quatre minutes. C’est absolument étonnant.
“Je tiens à remercier les gens de la bibliothèque de Kazabazua qui m’ont si chaleureusement accueillie pour cette magnifique soirée”, qui s’est terminée par un goûter.