Publié le 2/8/2008
La pluie complique la récolte du foin
“C’est une année pour semer du riz” – Jérôme Aumond
Jean Lacaille – Messines – La pluie qui tombe quotidiennement sur la région depuis le début de juin complique la récolte du foin alors que 50 % des agriculteurs d’ici n’ont pu récolter la première coupe de la saison.
“En vous premenant le long de route 105, vous sentez sûrement l’odeur des balles qui fermentent à cause de l’humidité atmosphérique. Les agriculteurs qui s’en sortent le mieux dans le moment sont ceux dont les champs sont draînés ou qui font de l’ensilage. Et encore là, le foin de cet été est et sera de moindre qualité que les années antérieures, c’est bien évident !”, d’indiquer le producteur agricole, Jérôme Aumond de Messines.
Le temps presse
Plusieurs agriculteurs ont entrepris leur première récolte deux semaines trop tard. Et la pluie qui continue de tomber à un rythme régulier empêche les agriculteurs de procéder à leur récolte. “À ce temps-ci de la saison, nous devrions en être à notre deuxième récolte.”
Normand Joly, président de l’Union des producteurs agricoles de la Haute-Gatineau ( UPA-HG ) compte 200 acres de terrain sur sa ferme. “Il y a trop d’eau. Nous ne pouvons nous aventurer dans nos champs avec les faucheuses. Nous risquerions de nous embourber jusqu’au essieux. J’ai ensilé quelques petites balles de foin, mais la qualité est plus que douteuse.”
Quelques 50 % des 130 membres de l’UPA-HG font de l’ensilage. “Nous avons le rendement, sans la qualité. Il faut couper le foin au début de la floraison. Plus il mûrit, moins il y a de protéines dans le blé. Le foin devient de la paille et les animaux ne le mangent pas.”
Les agriculteurs, avec la pluie incessante, s’impatientent et ils enrobent le foin malgré qu’il soit trop mûr. Le taux d’humidité est très élevé dans le moment.
“Je me souviens de la saison 1972 sur la terre familiale de Déléage ( Henri-Claude Aumond ) , nous avions récolté notre foin au mois de septembre. C’est exactement ce qui risque de se produire cette année si la pluie persiste. Le printemps froid et tardif que nous avons connu n’a pas aidé notre cause non plus.”
Et comme si la pluie n’était pas un facteur suffisamment problématique, il appert que plusieurs agriculteurs sont aux prises, tout comme à Low, avec les castors qui érigent des digues dans leurs criques et contre lesquels ils ne peuvent se défendre à cause des règles strictes de Québec. “C’est un fichu problème contre lequel nous ne pouvons rien. Nous sommes scrutés à la loupe par les autorités ministérielles.”
Les bovins, selon Normand Joly, réclament un foin de grande qualité. Quant aux vaches, laitières, elles pourraient se contenter d’un foin de seconde qualité mais encore là, ce n’est pas évident. “Il faut donc compenser avec les céréables dont la maïs cassé que nous devons payer 130 $ la tonne. Comme il est plus rare puisqu’on s’en sert maintenant pour le convertir en éthanol, le prix de vente fluctue contamment. Vraiment, ce n’est pas notre saison.”