Publié le 24/6/2009
Ils invitent d’autres propriétaires à les imiter.
Des bénévoles combattent la myriophylle dans la baie Davis
André Carle - Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau - Un groupe de résidents, de villégiateurs et d’amis de la Baie Davis, une cinquantaine de personnes de 10 à 69 ans, ont effectué dernièrement une vaste corvée afin de contrôler le développement de la myriophylle dans la baie Davis à Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau afin de donner un peu d’oxygène à la baie.
L’activité a été menée de concert avec l’Association des propriétaires du Lac Trente-et-un-Milles. Si rien n’est fait, il y aura une baisse encore plus grande de la transparence de l’eau avec des risques grandissants d’apparition de cyanobactéries.
Tous les riverains de la baie Davis sont en mesure d’observer la détérioration de la qualité de l’eau dans la baie. Les signes les plus évidents sont la baisse marquée de la transparence de l’eau, la diminution du nombre de poissons que l’on peut observer de la rive et l’envahissement des berges par une plante aquatique appelée myriophylle. La cause profonde est liée à une forte augmentatoin du taux de phosphore dans l’eau, dont la concentration est de 2 à 3 fois plus élevée qu’ailleurs dans le lac.
Le développement marqué des dernières décennies est principalement pointé du doigt : la forte augmentation de chalets et de résidences a entraîné des phénomènes d’érosion des rives, de déboisement et d’installations sanitaires pas toujours conformes aux règles fondamentales de protection de l’environnement.
Des actions concrètes sont à la portée de tous pour améliorer la sitaution : éliminer les engrais chimiques, stabiliser la rive et réduire l’érosion, se doter d’installations septiques parfaitement fonctionnelles, utiliser des savons sans phosphate, contrôler le développement et contrôler le développement de la myriophylle.
La méthode utilisée
Pour rendre l’opération possible et efficace, une barge en bois a été construite. Six blocs de styromousse de 25cm d’épaisseur fixés en dessous assurent une très bonne stabilité et font en sorte que 4 à 5 adultes peuvent facilement s’y déplacer en toute sécurité. La barge mesure 3 mètres par 4 mètres. Le coût de revient de la barge est d’environ 1 200 $. Trois généreux villégiateurs de la baie ont fourni ou payé le matériel nécessaire à la construction, soit André Beauregard, René Prud’homme et Michel Lafontaine. Un autre villégiateur, Gérard Carle, a fourni une plate-forme flottante, un vieux ponton, pour augmenter la capacité de traitement avec une deuxième équipe.
L’arrachage de la plante a été effectué au râteau à partir de la barge. Différents types de râteaux ont été essayés dont des râteaux spécialement conçus pour arracher cette plante aquatique et de simples râteaux de jardin, munis de manches allongés.
Une équipe formée de cinq personnes sur la barge s’est avérée le plus efficace, trois utilisant des râteaux de jardin oeuvreant de la rive jusqu’à une profondeur de 3 à 4 mètres alors qu’une autre personne, munie d’un râteau spécial d’une soixantaine de centimètres de large avec des dents de 8 cm de long espacées d’au plus de 3cm et un manche court auquel est attaché une corde permettant de lancer le râteau en eau plus profonde étant donné que la plante pousse jusqu’à 5 mètres de profondeur, et la dernière personne avec une nasse permettant de récupérer le maximum de filaments de myriophylle flottant à la surface.
La myriophylle récupérée a été placée dans des bacs de recyclage, chaudières et poubelles, localisés au centre de la barge. Le déchargement a été effectué à partir des quais et le tout transporté en forêt avec des quads munis de remorques.
Calendrier de réalisation
La corvée s’est déroulée sur trois fins de semaine et a débuté le 30 mai pour se terminer le 14 juin. Durant 5,5 jours de travail ardu, les bénévoles ont traité un peu plus de 1km de berge. La majeure partie des efforts ont été concentrés là où la densité est classée forte sur la carte.
Les volontaires ont effectué au moins 5 passages successifs au même endroit, car, après un certain temps, l’eau devient brouillé au point où il est impossible de voir où se trouvent les plantes restantes. Au total, pas moins de 8 à 10 heures de travail ont été consacrées par équipe de 5 personnes pour traiter quelque 450 mètres carrés de berges fortement envahies par la plante.
À défaut d’enrayer la plante, la densité a été réduite de beaucoup. La plupart des propriétaires qui ont vu leur berge ainsi traitée se sont engagés à poursuivre le travail pour finaliser l’arrachage de plantes restantes et pour tenter de limiter l’ampleur de son retour éventuel.
Un espoir
Les bénévoles espèrent que ce geste sera imité par les autres propriétaires de la baie aux prises avec le même envahissement. Deux bénévoles feront prochainement la tournée des résidences et chalets de la baie. Ils remettront, par la même occasion, un guide à l’intention des citoyennes et des citoyens de l’Outaouais intitulé «La protection des lacs et des cours d’eau, une nécessité pour lutter contre la prolifération des algues bleu-vert» afin de sensibiliser les principaux intéressés sur la problématique et les problèmes à la portée de tous et chacun.
Les valeureux bénévoles
Le signataire de ce reportage est à l’origine de cette prise en main dans une partie de la baie Davis. Les bénévoles qui ont participé à la corvée sur les barges sont Bonnie Marga, France Corbeil, Jessica Marga, Nicole Latreille, Pamela Marga, Gérard Carle, David Carle, Rachelle Grandmaître, Roelof, Francine-St-Denis, Lyne St-Denis, Marc Arseneault, Brice Lafontaine, Marc-André Carle, Julie Briand-Carle, Véronique Briand-Carle, Daniel Lafontaine, Mireille Leblanc, René Purd’homme, Janic Paul, Daniel Cloutier, Jean-Guy Brunet, Sandra Pelletier, Joel Vincent, Marie-Ève Vincent, Caroline Vincent, Mathieu Vincent, Stéfanie Meunier, Mathieu Meunier, Maurice Pelletier, Claude Pelletier, Annie Lafrenière, Adèle Carle, Martyne, Martin, Dominique et Daniel.
Des bénévoles ont oeuvré au transport de la myriophylle de même qu’aux repas dont Eddy Marga, Monic Carle, Marie Patry, Gaston Lafrenière, Madeleine Carle, Anne-Marie Carle, Pauline Carle, Michel Lafontaine, Chantal Carle et Juliette St-Denis.
Nous sommes particulièrement intéressés aux résultats de vos actions sur le myriophylle. Nous visvons le même problème bien que notre lac soit plus petit que la Baie Davis.
Merci de votre attention.
Comité Santé du Lac O’Malley
APELO, Association pour la protection de l’environnement du lac O’Maley