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L'actualité environnementale

Publié le 11/10/2007

Étang aéré sur le terrain Lafarge

Des résidents s’inquiètent des odeurs

Jean Lacaille – Gracefield- Une dizaine de contribuables de Gracefield prétendent que les élus municipaux ont manqué de transparence dans le choix du site d’implantation de l’étang aéré sur le terrain Lafarge dont la fonction sera d’épurer les eaux usées du village avant leur déversement dans la rivière Gatineau.

D’entrée de jeu, avec l’approbation des membres du conseil, le maire Réal Rochon a décidé de permettre une période de questions avant même d’amorcer les discussions sur l’ordre du jour de la séance ordinaire de mardi soir au centre communautaire. Il a d’abord tenu à faire le point avant de permettre aux contribuables, vexés par la décision de la ville, de prendre la parole.

Il a indiqué que le dossier de l’assainissement des eaux usées pour ce qui concerne les contribuables du secteur village de Gracefield, remontait à 1980. Le premier site qui avait intéressé la ville, à l’époque, était situé en zone agricole et il avait été impossible de s’entendre avec la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) pour l’utilisation qu’on voulait en faire. Plus récemment, la ville lorgnait vers le terrain de la Co-Op Agricole de Gracefield, sur la rue Du Pont. Les dirigeants de cette entreprise ont coupé court aux pourparlers dès le départ. Des négociations avec la compagnie Lafarge ont traîné en longueur jusqu’à ce que les deux parties s’entendent finalement. La ville menaçait de recourir au Tribunal d’expropriation pour accélérer le dossier.

“Nous avons acquis ce terrain au coût total de 70 000 $, dont 58 000 $ pour le terrain et 12 000 $ pour un droit de passage. Le terrain est d’une superficie de 2,34 acres. Ce que vous ignorez peut-être, mesdames et messieurs, c’est que la transaction ne s’est finalisée que le 29 septembre dernier. Nous avons visité les installations de la municipalité de Cantley et nous avons obtenu l’assurance qu’elles ne dégageaient aucune odeur nauséabonde”, de préciser le maire Réal Rochon.

Le maire a rajouté que les élus de Gracefield n’ont pas pris cette décision à la légère. La firme d’ingénierie Cima + de Gatineau a oeuvré à ce dossier. L’ingénieur André Mathieu assistait à la séance du conseil afin de répondre aux questions des contribuables concernés par le projet.

“Nous avons proposé le procédé d’un étang aéré parce qu’il s’agit d’un mode qui a fait ses preuves partout au Québec. Depuis le début des années 1980, au moins 80 % des usines du Québec l’ont adopté. Ces bassins d’aération favorisent la création de bactéries qui combattent les boues. Quant au bruit des moteurs, il est pour ainsi dire anéanti puisque les pompes sont submersibles. C’est le cas pour les installations de Cantley qui ont été aménagées en plein quartier résidentiel.”

L’ingénieur André Mathieu a cité plusieurs exemples, dont celui de Papineauville. ¨S’il est bien opéré, un étang aéré ne cause pas de problème.”

Des citoyens mécontents


Gilles Martin, qui habite à 200 pieds de l’étang n’en revient tout simplement pas de cette décision de la ville. “C’est de la merde à aire ouverte. Je ne pense pas qu’aucun d’entre vous (en pointant les membres du conseil) ne voudrait vivre une telle expérience. Vous avez beau dire ce que vous voulez, je me suis promené un peu partout au Québec et ce n’est pas vrai que ces instalallations ne dégagent aucune odeur.”

Le maire Rochon a alors précisé que seulement huit contribuables avaient signé le régistre pour s’opposer au projet. “Il me semble que la très grande majorité des constribuables étaient d’accord avec notre démarche.”

Un contribuable a alors surpris les élus en demandant une certification écrite à l’effet que l’étant aéré, dont la construction a débuté au terrain Lafarge, ne dégagerait aucune odeur. Les élus ont alors indiqué qu’ils s’en remettaient à l’expertise de leur ingénieur.

Une contribuable a alors soulevé le manque de transparence des élus dans ce dossier. “On se ramasse avec un gros problème à 200 pieds de notre résidence qui sera sûrement dévaluée. Vous ne semblez pas prêts à signer un document certifiant qu’il n’y aura pas d’odeur. Nous sommes inquiets. Je suis d’accord avec l’assainissement des eaux, mais il me semble qu’on n’a pas pris le temps d’analyser toutes les avenues avant de faire un choix définitif.”

Le conseiller Louis-Philippe Mayrand n’était pas d’accord avec le manque de transparence des élus tel que formulé par les contribuables présents. “Nous avons pris le temps de bien informer la population. Nous n’avions rien à cacher. Quant à la perte de valeur des résidences, c’est certain que la ville va devoir l’absorber.”

Le maire Rochon a répété que les élus avaient pris position pour l’ensemble des contribuables. “Il me semble que d’ouvrir un régistre public, c’est faire preuve de transparence.¨.

La conseillère Céline Deslauriers a tenu à préciser que des arbres matures allaient être plantés tout le tour de l’étang. “S’il faut que l’on mette un couvercle, nous allons le faire. La ville entend prendre ses responsabilités.¨

La facture


Le projet d’assainissement des eaux va coûter 2,6 millions $ aux contribuables dont 80 % est défrayé par les contribuables du village de Gracefield et 20 % par l’ensemble des contribuables de la ville. Le projet implique directement 123 propriétés et 215 unités de logements.

La ville invite la population à visiter le site le samedi 27 octobre prochain. Elle nolisera un autobus qui sera à la disposition des contribuables. Après la période de questions, une pause a eu lieu au cours de laquelle, plans à l’appui, l’ingénieur André Mathieu a informé, du mieux qu’il a pu, les contribuables récalcitrants dont certains ont même menacé de vendre leurs résidences et s’installer ailleurs.

Le projet de l’alimentation en eau potable, qui représente des déboursés de l’ordre de 3,2 millions de dollars, qui comprend, notamment, la construction d’une usine de filtration doit se mettre en branle sous peu.

 
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