Publié le 4/10/2007
Les algues bleues dans le lac Cayamant
“Je n’ai rien vu de tel en 49 ans !” – Robert Berniquez
Jean Lacaille - Cayamant - “La municipalité de Cayamant fait preuve de mollesse au niveau de la vidange des fosses septiques sur son territoire. Pendant ce temps, le lac en prend pour son rhume. Ça va faire !”, indique le président de l’Association des résidents et des villégiateurs du lac Cayamant.
Robert Berniquez est l’un de ceux qui croient qu’il faut faire payer les fautifs. Il est intervenu sur le sujet des algues bleues lors de la période de questions de la séance ordinaire du conseil municipal, à Cayamant, lundi soir.
“Une quarantaine de propriétaires, si ce n’est pas plus, ne se conforment pas à la règle. Qu’attend la municipalité pour agir ? Il me semble que le problème est évident. On nous prend pour des idiots.”
Robert Berniquez affirme que, selon plusieurs résidents de Cayamant, plusieurs propriétaires utilisent des fosses septiques fermées qui nécessitent, normalement, une vidange par six semaines environ. “Mais la plupart vident leurs fosses une fois par année. Cela n’a aucun sens.”
Le président a insisté qu’il valait mieux prévenir que guérir. Il a invité la population résidente et les villégiateurs à se défaire de leur savon qui renferme du phosphate. “Des produits sont sur le marché qui ne contiennent aucun phosphate. Il serait temps que l’on songe à les acheter.”
Il y a de beaux parterres autour du lac. Le président Berniquez en a remarqués plusieurs. “Le plus ironique dans tout ça, c’est qu’ils ont coupé tous les arbres de la façade pour faire place à de belles pelouses, d’un vert éclatant, mais qui renferment des engrais chimiques qui coulent dans le lac et qui mènent à la situation que nous connaissons actuellement. Depuis six ans que nous nous battons contre la myriophylle et les cyanobactéries et il se trouve encore des gens qui n’ont pas compris. Il faut réagir tout de suite avant qu’il ne soit trop tard”.
Un seul inspecteur pour tout faire
L’Association des résidents et des villégiateurs avait soulevé ce problème il y a quelques années. Au plus fort de la saison estivale, de mai à septembre, Cayamant ne compte que sur un seul inspecteur qui doit vérifier la conformité de toutes les fosses septiques du territoire. “Mission impossible. Il en faudrait au moins deux, du moins de mai à septembre. Il faut nous donner les outlis pour combattre le mal à la source.”
Robert Berniquez indique que son association et celle du lac Lacroix sont intéressées à collaborer avec les élus municipaux dans la recherche d’une solution. “Nos représentants sont prêts à participer à la discussion avec les élus. Ils pourraient même compter sur l’expertise d’un biologiste qui est membre de notre association. Les élus hésitent à nous inviter. Je présume que le fait que nous soyons des gens de l’extérieur explique que nous ne soyons pas les bienvenues à leur table.”
L’avis d’un avocat
La municipalité va mandater Me Rhino Soucy de préparer un avis écrit concernant une réglementation qui doit permettre à la municipalité d’intervenir chez les propriétaires fautifs, qui ne se conforment pas à la règle dans le moment. La municipalité entend également adopter un règlement qui vise à obliger les propriétaires, le long de la marge riveraine du lac, à reboiser.
“Les vieux systèmes seront visités en tout premier lieu. Nous ne pouvons vous dire quand parce que vous savez comme moi, qu’ils ne seront pas là si nous les informons de notre arrivée”, indique Suzanne Vallières, directrice générale de la municipalité de Cayamant.
La pilule magique
La municipalité dispose actuellement de pillules qui permettent d’identifier les installations sanitaires fautives. Il suffit de la jeter dans la toilette ou le lavabo et le tour est joué. Certains ont parlé d’un droit acquis de certains propriétaires ce qui a soulevé l’ire de l’ensemble des membres de l’auditoire.
“Personne n’a un droit acquis pour polluer. Mais voyons donc, c’est pas sérieux.” Suzanne Vallières, pressée de répondre quant à une intervention rapide de la municipalité, a indiqué que la municipalité, sans un règlement, n’a pas le pouvoir d’intervenir.
Les propriétaires qui se conforment à la règle osent croire que le conseil municipal n’attendra pas la prochaine séance avant d’agir. Il est déjà très tard, affirment-ils.