Publié le 8/10/2007
L’élimination des matières résiduelles
La Pêche toujours en ligne pour une usine de Plasco Energy Group
Jean Lacaille - La Pêche - L’opération charme se poursuit entre la municipalité de La Pêche et la compagnie Plasco Energy Group, d’Ottawa, pour l’implantation de la première usine d’élimination au plasma des matières résiduelles. Le maire de La Pêche, Robert Bussière, nous en parle.
“Nous sommes toujours intéressés, c’est sûr. Nous avons visité l’usine du groupe il y a un mois à Ottawa. Lors de notre visite , tous les équipements étaient en période d’essai jusqu’à la fin de septembre. La production de transformation des déchets doit être en marche au moment où on se parle”, précise le maire Bussière.
Le premier contact
Le sujet est discuté depuis au moins un an au conseil municipal de La Pêche. Une deuxième visite est d’ailleurs prévue en novembre prochain. Les discussions entre les élus de La Pêche et les dirigeants de Plasco Energy Group ont mené à l’envoi d’un document technique à la municipalité le 5 février dernier.
“Les membres du conseil veulent en connaître davantage sur cette nouvelle technique et d’autres rapports doivent nous être fournis par la compagnie. Nous avons appris que le gouvernement du Québec s’apprêterait à modifier la loi sur l’élimination des matières résiduelles afin de permettre aux promoteurs de nouvelles technologies de faire valoir leurs procédés. Québec a déjà modifié la loi pour ce qui concerne les éoliennes. Nous savons aussi que la Coalition contre le mégadépotoir de Danford Lake prêche également en faveur de ce nouveau procédé en encourageant l’implantation d’une telle usine à La Pêche”, rappelle le maire Bussière.
200 tonnes par jour
L’usine, actuellement en opération à Ottawa, peut absorber jusqu’à 200 tonnes de matières résiduelles par jour. Le système PGP de Plasco Energy Group peut traiter tous les déchets mais certains déchets ne sont pas appropriés pour le traitement comme, par exemple, le béton ou le sol contaminé et les déchets qui sont plus utiles dans le recyclage pour la création de produits semblables comme le métal, ou les plastiques de type 1 ou 2.
Le rendement électrique
Pour chaque 1 000 MJ traités, environ 82 kWh peuvent être produits au moyen du système PGP de Plasco, opérant en mode de cycle combiné. Aucune source d’énergie supplémentaire comme le charbon ou le gaz naturel n’est nécessaire. L’énergie nette produite en usine est livrée directement aux lignes de transport d’énergie locales.
Un ménage moyen utilise environ 750 kWh d’électricité par mois. Une tonne de déchets traités par une usine Plasco produit 1 400 kWh, une quantité suffisante d’énergie pour approvisonner un ménage pendant au moins 55 jours. Chaque tonne de déchets traités par l’usine Plasco est convertie en 1.4 mégawatt heure d’électricité nette de l’énergie nécessaire pour l’opération de l’usine, en mode cycle combiné et 150 kgs de matériau solide sont vendables sous forme d’agrégats pour le ciment et l’asphalte. Chaque tonne de dechets traités est convertie en 5 kgs de souffre en poudre, utile pour l’amélioration des terrains et 1 kg de métal lourd.
Les ingénieurs de Plasco Energy Group considèrent que le nouveau procédé au plasma élimine les impacts négatifs sur l’environnement des sites d’enfouissement ou des incinérateurs. Les métaux lourds sont concentrés et sont éliminés très efficacement.
Les coûts
Tous les brevets pour le système sont détenus par Plasco Energy Group qui s’engage à construire l’usine et à l’opérer selon les exigences du client. Les frais de construction et d’opération sont échelonnés sur 20 ans selon un accord devant être signé pour chaque usine, généralement entre 60 $ et 75 $ la tonne. Dès qu’un accord est signé entre la compagnie et le client, l’usine peut être en opération dans les douze mois qui suivent.
“Nous savons que l’élimination des matières résiduelles par le plasma est un procédé net qui est très avantageux par rapport à notre façon traditionnelle de les détruire. Il faut faire confiance aux nouvelles technologies et c’est pourquoi nous retournerons visiter l’usine de Plasco Energy Group, à Ottawa, en novembre. Nous devrions revenir mieux informés sur les possibilités de ce nouveau procédé déjà très en vogue en Europe”, conclut le maire Robert Bussière.