Publié le 2/8/2008
Les pluies fréquentes de juin et juillet
La situation n’est pas exceptionnelle
Jean Lacaille – Maniwaki – Les criques, les lacs de la région et la rivière Gatineau sont gonflés. Les fleurs et les plantes poussent à un rythme exceptionnel. Les arbres s’abreuvent tous les jours récupérant l’eau des années de sécheresse. Mais la situation climatique n’est pas exceptionnelle.
C’est du moins l’avis du météorologue René Héroux d’Environnement Canada. En juillet, seulement, il est tombé 131 millimètres de pluie alors que normalement, il en tombe 81 millimètres.
“Nous connaissons un été pluvieux et nous ne pouvons présumer des prévisions à long terme. Nous connaissons actuellement une période climatique qui peut entraîner la grêle, des pluies diluviennes et des vents violents qui pourraient entraîner la chute des arbres. L’été 2008 n’a rien de phénoménal. Les pluies sont plus fréquentes, pour ne pas dire régulières, depuis le mois de juin. Mais, je le répète, la situation n’est pas unique.”
La forêt
Les arbres, avec cette pluie abondante, se refont des forces. Ils profitent pleinement de cette pluie qui leur est bénéfique. Elle compense pour les années de sécheresse et ont un effet bénéfique sur leur croissance.
Mais la pluie a des incidences sur les opérations forestières. Les ruisseaux débordent, les chemins sont mous, des ponceux sont bloqués et le gravier n’a pas le temps de sécher et de durcir pour permettre une meilleure circulation sur les chemins forestiers.
“Ce qui se passe dans le moment n’est pas mauvais en soi et il ne faudrait pas croire que nous aurons l’été cet automne. Nous sommes dans un cycle de pluie. Dans le moment, les arbres sont plus fragiles parce que la masse foliaire est plus volumineuse”, précise l’ingénieur forestier, Denis Côté, président et chef de direction de la Société Sylvicole de la Haute-Gatineau.
Denis Côté est pessimiste pour le mois d’août. “La pluie attire la pluie. L’été a débuté de cette façon et je ne vois pas pourquoi le scénario changerait. Il est certain qu’un temps pluvieux n’est pas ce qu’il y a de mieux pour les opérations forestières mais, d’un autre côté, il est bénéfique pour la forêt en autant que le vent ne se mette pas de la partie.”
Sur ce point, Denis Côté et le météorologiste René Héroux s’entendent, les vents violents, et il est probable qu’il y en aura, fera chuter les arbres étant donné qu’ils ont augmenté leur poids dans une proportion de 50 %.
Nous avons également noté, en nous promenant dans les chemins secondaires ruraux de la région, que plusieurs arbres étaient tombés sur les lignes électriques d’Hydro-Québec.
L’achalandage sportif
La pluie a également une incidence sur la pratique du camping et du golf, notamment. Des baisses significatives de l’achalandage dans les centres régionaux de camping ne sont pas essentiellement causés par le prix de l’essence à la pompe, mais par la pluie régulière qui tombe depuis le début de l’été.
Mme Jacinthe Laurin a noté une baisse de la fréquention au Camping Barbe sur le chemin Blue Sea-Gracefield. L’achalandage au club de golf Algonquin de Messines a également baissé nous confirme Dominic Morin. Cette perte est compensée par les nombreux tournois qui ont lieu à l’Algonquin cet été.
La navigation de plaisance en prend également pour son rhume. Le lac Blue Sea est moins fréquenté que par les années passées. Par contre, le Centre d’interprétation de la protection de la forêt contre le feu de Maniwaki ( CIPFFM ) note une augmentation importante de l’achalandage touristique au remorqueur Le Pythonga. Les théâtres d’été, dont celui de Grand-Remous, profite également de la situation. Les gens se déplacent là où ils ont un toit sur la tête.