Publié le 4/12/2008
Le projet d’une aire protégée suit son cours à Lac Sainte-Marie
Jean Lacaille - Déléage – L’attribution d’un statut provisoire de protection à titre de réserve de biodiversité projetée pour le massif du Mont Sainte-Marie progresse alors que le projet est dans la mire de la Direction du patrimoine écologique en vue d’une audition au Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
La Direction du patrimoine invite la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau (MRC-VG) à participer activement à la consultation que le BAPE tiendra sur ce dossier. L’aménagiste Claude Beaudoin est d’avis que la MRC-VG aurait intérêt à présenter sa version sur ce territoire exceptionnel et de présenter un modèle de conservation et de mise en valeur de ce territoire basé sur le concept de la catégorie 6 (ressources gérées) du classement des aires protégées à l’intérieur d’une aire protégée à catégories multiples.
Le conseil des maires de la MRC-VG a donc donné son aval à la préparation d’un document qui devra comprendre un argumentaire bien élaboré. Le conseil se réserve le droit d’examiner le document dans ses moindres détails avant d’aller en audiences publiques devant le BAPE.
Localisation
La réserve de biodiversité projetée du Mont Sainte-Marie est localisée dans les régions administratives de l’Outaouais et des Laurentides. Le territoire se déploie principalement dans la MRC-VG et couvre une superficie de 136,8 km carrés et s’étend également sur le territoire des MRC de Papineau et d’Antoine-Labelle. Elle touche à plusieurs villes ou municipalités dont Gracefield, Lac Sainte-Marie, Denholm, Bowman et Notre-Dame-du-Laus.
Le portrait écologique
L’aire protégée projetée du Mont Sainte-Marie est située dans la réserve naturelle des Laurentides méridionales, plus précisément dans la région naturelle de la Dépression du Mont-Laurier et dans les ensembles physiographiques des Basses collines de Notre-Dame-du-Laus et des Basses collines de la Rivière du Lièvre.
Située dans la province géologique de Grenville, ce territoire, composé de socle parfois de marbre, parfois de gneiiss charnokitique et de paragneiss, de présente sous la forme d’un complexe de basses collines et de buttes, aux versants parfois abrupts, comprenant des tills minces avec affleurements rocheux peu abondants. Ce paysage de basses collines et de buttes possède un relief accentué ont l’altitude varie de 163 à 520 mètres avec une moyenne d’environ de 300 mètres.
La réserve s’étend sur deux domaines bioclimatiques, soit au sud celui de l’érablière à tilleul et au nord celui de l’érablière à bouleau jaune. La forêt de feuillus est composée principalement d’érablières à érable à sucre dans le secteur sud constitué de basses collines. Dans les secteurs moins accidentés, le peuplier faux-tremble domine et est accompagné de pinèdes de pin blanc. Les secteurs de basses collines présentent des forêts matures alors que les forêts jeunes et d’âge moyen se partagent les secteurs de buttes. L’aire touche aux bassins versants des rivières Gatineau et du Lièvre.
L’aire du massif du Mont Sainte-Marie est adjacente à de nombreuses aires protégées de confinement de cerf de Virginie aux lacs des Trente-et-un-Milles et Heney, trois écosystèmes forestiers exceptionnels soit la forêt ancienne du Crique-de-la-Carpe, du Lac Cuillérier et la forêt refuge de la Montagne-de-Chêne et une héronnière. On y trouve également un habitat de la tortue des bois, une espèce désignée comme étant vulnérable.
Occupations et usages du territoire
Quatre baux à des fins de villégiature sont localisés dans le périmètre du massif du Mont Sainte-Marie. On y trouve également trois baux à des fins municipales ainsi qu’un bail à des fins commerciales. Un parcours de canot-kayak, supporté par de nombreux portages, traverse la réserve à différents endroits. De nombreux sentiers de motoneige traversent la réserve à divers endroits alors qu’un sentier de motoquad est un réseau de sentiers de randonnées pédestres parcourent principalement la portion sud de la réserve. Elle touche également aux unités de gestion des animaux à fourrure 10 et 22 et fait partie de la zone de chasse 10 ouest. Un petit lac aménagé est situé dans la réserve. Un site potentiellement viable pour la recherche archéologique se trouve au lac O’Hara.
Un site actif de prélèvement de sable ou gravier est inclus dans la réserve. Un réseau moyennement développé de chemins non pavés sillonne la réserve.
Les responsabilités
La conservation et la gestion de la réserve de biodiversité projetée du Mont Sainte-Marie relèvent de la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec. D’ici à ce qu’un statut de protection permanent soit accordé à ce territoire, il faudra y associer les communautés autochtones concernées dont celle de Kitigan Zibi, pour mener à la gestion et à la mise en valeur de cette aire protégée et concluera, le cas échéant, des partenariats sur certaines activités spécifiques.