Publié le 15/7/2008
Une situation dégueulasse sur le chemin Guillemette
“Les citoyens ont raison de se plaindre” - Pauline Lapointe
Jean Lacaille – Gracefield – Les pétitionnaires qui ont pacifiquement réclamé la fermeture du dépotoir du chemin Guillemette lundi soir au conseil municipal de Gracefield n’ont pas exagéré. Pauline Lapointe qui y travaille depuis 18 mois abonde dans le même sens qu’eux.
“Dégueulasse ! C’est l’enfer ici ! C’est toujours la même histoire qui se répète. Quand je suis arrivée au dépotoir à 8h ce matin ( mardi ) un amoncellement de pneus bloquait l’entrée du dépotoir. Il a fallu que je roule tous ces pneus avant de débuter mon travail. On m’a appelée hier soir pour que je nettoie tout ce qui traîne. J’ai de la difficulté à comprendre pourquoi des gens agissent de la sorte.”
Un fiasco
Comme les humains ne respectent pas les règles, et déversent leurs déchets partout même à côté des bennes géantes qui débordent, il ne faut pas demander aux animaux de prêcher par leur sens de civisme. Les ratons-laveurs, les ours, les mouettes et les corbeaux s’amusent à déchiqueter les sacs d’ordures dans les tranchées et les transportent dans le boisé adjacent au dépotoir.
“Il y a des déchets partout sur une largeur de 300 pieds de chaque côté du dépotoir de même que le long du chemin Guillemette qui s’étend jusqu’au chemin Gracefield-Blue Sea. Les citoyens qui habitent tout près commencent à maugréer et on ne peut pas les blâmer. Ils vivent cette situation depuis au moins trente ans.”
Le dépotoir, à ciel ouvert, est justement ouvert aux abus. Ils viennent de partout dans la région pour déverser leurs déchets, même du milieu urbain dont une forte majorité de villégiateurs. “L’été, le dépotoir est ouvert le mercredi et le samedi. Je suis ici exceptionnellement aujourd’hui parce que des plaintes ont été logées à la ville. Mais la situation se répète constamment. Assez bizarrement, les gens sont plus respectueux quand j’y suis. Aujourd’hui, j’ai de l’aide, mais nous n’aurons pas le temps de tout nettoyer tellement ça traîne partout.”
Dans le dépotoir, on retrouve des matérieux secs, du papier, du plastique, des ordures ménagères, du métal, des pneus et de la peinture. Une pelle mécanique devait nettoyer le contour des bennes mardi puisqu’il est impossible de le faire physiquement. “Nous n’en aurions pas assez de quatre jours pour opérer le dépotoir de façon adéquate. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent, c’est bien connu.”
Sac de poubelle à la ceinture, Pauline Lapointe s’est remise à nettoyer dans le boisé et le long du chemin qui mène au dépotoir. Il s’agit d’un rituel pour elle. “Un jour, les gens vont comprendre. Et je me demande bien ce que les gens feront quand il n’y aura plus de dépotoir ici. Il ne serait pas étonnant qu’ils déversent leurs déchets le long de la route”.