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L'actualité environnementale

Publié le 20/3/2009

Les consommateurs font leur propre loi

Jean Lacaille - Maniwaki – Depuis la fermeture des dépôts en tranchées, ordonnée par Québec le 19 janvier dernier, les consommateurs de la Vallée-de-la-Gatineau ont pris d’assaut les conteneurs de déchets commerciaux et y déposent toutes sortes de produits qui n’ont rien à voir avec les restants de table.

En plus des ordures ménagères, on y retrouve des matelas, des pneus, des téléviseurs, des cuisinières électriques, des laveuses, des sécheuses et même des carcasses d’animaux sauvages, dont le chevreuil et l’orignal. Vous croyez qu’on exagère ? Allez-donc faire un tour derrière les Galeries de Maniwaki, vous serez à même de constater que plusieurs consommateurs de la région ont adopté ces grands conteneurs et en font leurs mini-dépotoirs à ciel ouvert.

Et il ne faudrait pas croire que l’arrière-cour des Galeries de Maniwaki soit le seul endroit où les consommateurs agissent de la sorte. Nous avons fait le tour des commerces de Maniwaki et le même scénario s’y dessine. Et le problème n’est pas unique à Maniwaki. Il semble selon notre interlocuteur que c’est devenu la norme dans toutes les municipalités de la Vallée-de-la-Gatineau.

La gestion de l’intérieur


Daniel Smith, directeur général des Galeries de Maniwaki, que nous avons rencontré mardi, songe même à une gestion des déchets de l’intérieur. «Comme personne ne semble être responsable de ses propres déchets et que l’on décide d’en faire sa propre gestion, nous analysons donc la possibilité de demander à nos commerçants de se doter de poubelles géantes afin de limiter le dépôt régulier des déchets dans nos conteneurs. Il n’est pas normal que nous soyons dans l’obligation, et j’imagine que quelques commerçants de Maniwaki font la même chose, d’embaucher une personne surnuméraire, sur une base régulière, pour nettoyer notre cour. C’est un problème généralisé qui prend des proportions hors de notre contrôle.»

À titre d’exemple, il cite un consommateur qui avait rempli son camion de toutes sortes d’objets qu’il s’apprêtait à déposer dans les conteneurs. «Si je n’étais pas intervenu pour le prier de cesser son petit jeu, il aurait tout simplement déverser tout le contenu de sa boîte de camion dans nos conteneurs. Je ne blâme personne. Je dis tout simplement que ce n’est pas normal. Qui est responsable de la gestion des déchets dans la région. Il me semble que celà débute par l’individu. Si votre téléviseur qui date de quelques années fait défaut, vous ne chercherez pas à le faire réparer. Vous allez vous doter d’un nouveau téléviseur à écran haute définition. Que ferez-vous de votre vieux téléviseur ? Vous allez le garder chez vous en attendant la collecte annuelle de gros articles. Non ! Vous allez vous en défaire dans la cour du voisin ou dans les fossés de nos chemins secondaires municipaux. Pourtant, nous savons depuis plusieurs années que nous ferions face à un sérieux problème de société. Mais tout le monde s’est dit que les décideurs allaient trouver une solution. Force est de constater que ce n’est pas le cas», ajoute M. Smith.

Pas dans ma cour


Le phénomène est généralisé. Tout le monde veut aller au ciel, mais personne ne veut mourir. C’est le phénomène social du «pas dans ma cour» qui est appliqué actuellement dans toute la Vallée-de-la-Gatineau. Les décideurs ont-ils mis trop de temps pour réagir ? Se poser la question est y répondre. Québec s’en lave les mains. Il légifère en refliant la responsabilité sociale aux municipalités, et, par conséquent, aux MRC du Québec mais en se gardant bien de leur donner les moyens financiers pour appliquer une gestion saine des déchets, un programme efficace, qui ferait en sorte que les déchets puissent être éliminés ou mis en valeur par une technique qui existe mais dont le coût est faramineux, surtout en milieur rural.

«ll ne faut pas blâmer le simple citoyen d’agir de la sorte. Il est pris avec le problème et s’en soulage dans la cour du voisin. Faudrait-il songer à appliquer la norme de l’utilisateur-payeur, je n’en sais trop rien. Une chose est certaine cependant, ça ne peut plus continuer comme ça», conclut M. Daniel Smith qui devra, comme c’est la norme depuis fort longtemps, appeler son employé surnuméraire pour qu’il nettoie son arrière-cour avant que la situation ne prenne des proportions incontrôlables.

Et quand le vent se met de la partie, comme ce fut le cas la semaine dernière, la situation n’est pas rose chez les commerçants de la région qui doivent appeler du renfort pour assurer «l’opération nettoyage».

 
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