Publié le 23/8/2008
Sauvegarde des cours d’eau de la région
Les riverains pressent la MRC d’agir
Jean Lacaille – Gracefield – Quelque 80 membres de diverses associations de protection des lacs de la région, sous l’égide de la Fédération des associations de lacs de la Vallée-de-la-Gatineau, ont envahi le centre communautaire de Gracefield, mardi soir, pour inciter les maires de la région à mettre en oeuvre le Plan d’action adopté par les participants au Sommet sur la sauvegarde des lacs et des rivières qui avait lieu à Maniwaki en septembre 2007.
Le porte-parole du groupe, Louis-Philippe Mayrand, président de la Fédération, a indiqué, bien que des progrès énormes ont été accomplis, dont la gestion des boues de fosses septiques, l’inspection des fosses, le programme de réduction des phosphates et la revégétalisation des rives, il n’en demeure pas moins que 7 lacs de la région souffrent de la prolifération des algues bleu-vert. «En 1999, il n’y en avait qu’un seul. Il y a de quoi s’inquiéter. Il faut donc mettre en place des mesures concrètes pour enrayer ce fléau avant qu’il ne prenne des proportions encore plus alarmantes.»
La suite des choses
Au Suivi du Sommet sur la sauvegarde des lacs de la région, des représentants de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau (MRC-VG), de la Société d’aide au developpement des collectivités de la Vallée-de-la-Gatineau (SADC-VG), de l’industrie du bois et de l’agriculture ont proposé un plan d’action qui a été adopté en mai dernier lors du suivi du Sommet.
«La mise en oeuvre de ce plan d’action nécessite évidemment des ressources. Le milieu doit faire sa part et les différents ministères et agences emboiteront également le pas, le temps venu», poursuit Louis-Philippe Mayrand.
Le préfet Pierre Rondeau, qui connaît bien le dossier pour y être impliqué depuis le début, a tenu à rassurer les riverains en leur disant que le travail se poursuivait à l’échelle régionale alors que des négociations sont actuellement en cours avec la Conférence régionale des élus de l’Outaouais (CRÉ-O) afin de débloquer les fonds requis pour s’attaquer à l’épuration des eaux des lacs de la région.
Villégiature égale dollars
L’industrie de la villégiature en région a pris une telle importance qu’elle est maintenant un des principaux moteurs de l’économie locale. Le président Mayrand a lancé des chiffres. La valeur des chalets dans la MRC-VG est de 622 629 799 $. Dans plusieurs municipalités, les taxes payées par les villégiateurs comptent pour plus de 60 % de leurs budgets.
«Selon des chiffres du ministère des Affaires municipales et des Régions du Québec, c’est dans notre MRC, si on la compare aux autres MRC du Québec, où la proportion de la valeur imposable des chalets, par rapport au résidentiel, est la plus élevée, soit 53,34 %. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et il est de l’intérêt de tous de préserver le capital naturel qui attire les villégiateurs et les touristes dans la Vallée-de-la-Gatineau.
La Fédération, et ses associations membres, souhaitent que le plan d’action adopté en mai soit activé et est disposée de travailler, au sein d’un comité de la MRC, pour discuter de la façon dont on doit agir dans ce dossier. Plusieurs associations sont très actives et se disent prêtes à faire le travail auprès des riverains.
La visite des riverains a été très appréciée par les maires de la régoin qui ont applaudi leur initiative au terme du temps qui leur était réservé avant le début de la rencontre mensuelle d’août du conseil des maires de la MRC-VG.