Publié le 11/12/2007
Collecte des ordures ménagères à Gracefield
Les syndiqués contestent le choix des élus municipaux
Jean Lacaille – Gracefield- Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la ville de Gracefield, affiliés à la CSN, reprochent aux élus municipaux de leur préférer un contracteur pour la collecte des ordures ménagères.
Plusieurs syndiqués participaient à la séance ordinaire du conseil de Gracefield hier soir dont la présidente du syndicat, Mme Jacqueline Boucher. La ville avait lancé un appel d’offres afin de dénicher un contracteur pour effectuer la collecte des ordures ménagères sur son territoire. Deux soumissions sont parvenues à la ville et ont été ouvertes le 29 novembre dernier. Transport R.L.S. a soumissionné pour un an seulement au montant de 226 076 80 $, taxes incluses et une compagnie à numéro a soumissionné pour trois ans dont 248 355 80 $ en 2008, 260 752 27 $ en 2009 et 273 789 89 $ en 2010.
Un projet de résolution avait été préparé pour être adopté lundi soir mais les membres du conseil ont décidé de reporter le sujet à la séance ajournée au lundi 17 décembre prochain. Le conseil municipal s’apprêtait donc à adopter la soumission de Transport R.L.S., qui était la soumission la plus basse à 226 076 80 $, incluant les taxes, pour une durée d’un an.
Le syndicat réagit
La représentante syndicale, qui a d’ailleurs mené la négociation de la convention collective de travail avec la ville de Gracefield, s’est amenée au microphone à la période de question.
“Nous avons calculé les coûts de la collecte si elle était effectuée par les employés de la ville selon le rapport financier 2007 de la ville de Gracefield. Nous arrivons à une somme de 170 000 $ soit environ 56 000 $ de moins que le contrat que vous voulez bâcler avec un contracteur privé. C’est beaucoup plus que les 200 $ de publicité que vous venez d’adopter pour des voeux de Noël à une station locale. J’ai cru percevoir que les réserves municipales n’étaient pas élevées non plus. Vous avez beaucoup de dépenses à ce que je peux voir. Où est la logique ? La municipalité va-t-elle continuer d’aller de l’avant même si elle sait que cela coûtera 30 % plus cher, seulement pour 2008. Ces 50 000 $ ne seraient-ils pas plus utiles ailleurs, monsieur le maire ?”
Le maire Réal Rochon a répliqué en disant qu’il n’était pas question de partir une guerre de chiffres en public. “Nous n’avons tout simplement pas les mêmes chiffres Mme Côté. Vous n’avez pas à vous énerver avec ça, les membres du conseil ont scruté ce poste budgétaire et en sont venus à la conclusion qu’il était préférable de faire appel à un contracteur privé.”
La présidente du Syndicat, Mme Jacqueline Boucher, a indiqué que la réplique du maire Réal Rochon était déplacée. “Mme Côté a tenté de revenir au microphone pour poser d’autres questions au maire, mais ce dernier a indiqué qu’un règlement interne concernant la période de question ne permettait qu’une intervention par personne lors de cette période. Mais on sait bien que cette règle est appliquée quand bon leur chante. Nous avons hâte de comparer nos chiffres avec ceux de la ville. De plus, aux 226 000 $ que ce contrat risque de coûter aux contribuables, il y a toujours un peu de différence dans les coûts concernant le temps d’exécution des employés.”
Le maire Rochon aurait préféré que les représentants syndicaux sollicitent une rencontre avec les élus municipaux pour discuter sur le sujet plutôt que de profiter d’une séance publique du conseil pour faire valoir leur point.
¨Nous disposons d’un maximum de 30 minutes pour la période de question. D’autres personnes sont intervenues après Mme Côté et je me devais de leur céder la parole. Elles ont posé leurs questions et le temps normalement alloué pour la période de question était largement écoulé. J’ai donc mis un terme à la période de question pour enchaîner avec le varia de la séance en cours. Ce n’était vraiment pas la place pour discuter du sujet.”
Josette Côté a rappelé aux élus municipaux le fait que la ville avait confié à forfait le ramassage des ordures ménagères en 2005-2006 et l’exercice n’avait pas été concluant. De fait, le nombre de plaintes des citoyens avait explosé. Parfois c’était le ramassage qui n’était pas effectué dans certains secteurs et la qualité du service était déplorable. La ville demandait régulièrement à ses employés d’aller faire le travail que le sous-traitant n’avait pas fait. “Donc, la ville payait deux fois pour effectuer le travail correctement. C’est un non-sens.”
Le sujet rebondira lors de la séance du lundi 17 décembre prochain, à 19h30, qui se veut un ajournement à la séance ordinaire de lundi soir.