Publié le 5/11/2007
Un fait vécu : IV : Victoria – Whistler
Geoffroy Dussault fait le tour du Canada à vélo
Geoffroy Dussault – Québec- Au cours de l’été 2006, après voir fait le tour du Québec, j’ai décidé de me payer une traite et de m’offrir rien de moins que le Tour du Canada à vélo. Je vous raconte mon aventure.
Distance, 126 kilomètres, vitesse moyenne, 31,6 km/h, vitesse maximum, 67,1 km/h, durée, 3 : 58 : 45. Je me lève à 6h30 pour ensuite partir à 8h. Je dépasse un gars sur la route et il me dit : “Hé, ce n’est pas gentil de dépasser un autre cycliste avec un gros sac comme le tien.” Je lui ai répondu de mordre ma poussière : “Looser !” Non je n’ai pas dit ça. Le gars est vraiment cool. Il fait de la compétition de vélo de route dans les Masters et on a roulé ensemble environ 10 kilomètres.
Je m’arrête ensuite dans un petit bistro histoire de me remplir la panse. Je compte mes folies aux gens qui sont à mes côtés. Finalement, ils m’ont payé le déjeuner en plus de m’offrir une crêpe ! Des chics types ! Ensutie, j’ai remis mon cycloordinateur, pour me concentrer à pédaler comme un déchaîné ! Ça marche malgré le vent de face. Le trafic sur la I (autoroute transcanadienne) me permet de me cacher du vent quand les autos passent. Ça roule vraiment bien, les faux plats sont ominiprésents, mais ça roule vraiment bien ! Je me dit qu’il s’agit d’une petite journée alors je vais faire ça one shot.
Journée nuageuse, magnifique montée du Mont Malahat sur 10 kilomèetres et arrivée à Victoria. J’ai rencontré des gens au sommet du Mont Malahat qui m’ont pris en photo et qui m’ont souhaité la meilleure chance du monde. J’arrive enfin à Victoria où une ambiance vraiment zen règne. Les gens semblent vraiment se soucier de leur santé et d’avoir un mode de vie sain. Le coût de la vie est vraiment cher m’a-t-on raconté.
Pour demain, les plans sont vraiment différents, ce n’est pas 60 kilomètres jusqu’à Whistler mais tout proche de 180. J’ai 35 kilomètres jusqu’à Whistler. Alors la montagne commmence demain, on va voir comment va se dérouler la journée qui n’était qu’au départ que 60 kilomètres.
Je viens d’arriver dans la petite communauté de Lilloet à 140 kilomètres de Whistler. Voici mon récit des deux derniers jours. J’ai eu un accueil chaleureux de la part de Linda et Lévi. Un gros merci pour m’avoir fait visiter la magnifique ville de Victoria, la ville des cyclistes. Départ, le lendemain, à 7h pour le traversier qui est situé à Sidney : une heure quarante minutes de traversier et me voilà à Twassassen, à 45 kilomètres de Vancouver. Moi qui pensais qu’aller à Whistler n’était que 60 kilomètres. Nono ! Je pars du traversier et j’arrive face à un tunnel où les vélos sont interdits.
J’ai dû attendre une navette pendant une heure pour pouvoir avancer d’un petit kilomètre ! J’étais enragé, j’avais la mèche courte, disons. Vancouver, c’est bien trop riche, My God ! Les buildings en verre partout, les Mercedes dans les rues comme si on en donnait. Alors, traverser toute la ville de Vancouver fut quand même laborieux en raison des feux de circulation et tout le tralala. Il est plus de 13h et ma journée n’est pas encore vraiment commencée. J’arrive enfin à West Vancouver où je frappe dès ma sortie, une pente d’au moins 17 % . Ensuite, on monte pendant 5 kilomètres. Les pentes ne sont pas trop abruptes, alors tout se fait bien.
Cependant, toute la journée, le parcours est sinueux et n’arrête jamais de monter, descendre, monter, descendre. Il y a des bonnes pentes, longues d’haleine. Ouf ! À la longue, ça commence à être difficile sur son homme ! Première crevaison, rien de dramatique. Néanmoins, je réussis à me frayer un chemn à travers la montagne et enfin me rendre à Whistler à 20h. Vraiment, grosse journée, en montagne disons. Ensuite, je prends le cadeau d’un ami, Goabidou. Je me paie un souper au Boston Pizza. Les Oilers gagnent en prolongation sur l’écran géant de la place et tout Whistler vibre.
J’essaie par la suite d’aller trouver un refuge. Whistler Creek est tellement laid comme village. Ce n’est pas croyable ! L’herbe des cours mesure un mètre. Les maisons sont dégarnies. L’enfer en plus, les gens ne veulent pas du tout me laisser coucher dans leurs cours. Je suis vraiment désemparé. Il est presque 22h. Aucun terrain de camping dans ce village, ça va mal. Alors je m’informe et je trouve une espèce de motel cheap à 25 $ la nuit. Parfait, je vais recharger mes batteries. Je rencontre un Australien dans ma chambre.
Suite la semaine prochaine: Whistler-Lilloet.