Publié le 8/9/2007
Un fait vécu — 1. Les préparations
Geoffroy Dussault raconte son tour du Canada à vélo
Québec- Bonjour ! Je me nomme Geoffroy Dussault. Je suis un étudiant de 20 ans en génie mécanique à l’Université Laval de Québec. J’ai commencé à faire du vélo sérieusement en 2005 en participant à plusieurs compétitions en Outaouais. Grand amateur d’aventure, j’ai décidé, pour finir mon été 2005 en beauté, de parcourir le Québec à vélo. Un périple de trois semaines à travers la Belle Province. Au total, 3 333 kilomètres en 21 jours dont 19 jours de vélo et 2 jours de repos.
J’ai traversé l’Estrie, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, le Nouveau-Brunswick, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, les Laurentides et l’Outaouais durant cette aventure. J’ai toujours aimé repousser les limites dans les sports. J’ai décidé de les repousser pour une chose qui me tient à coeur.
Le Canada
L’idée de traverser le Canada à vélo m’est passée à l’esprit à la fin de l’été 2005. En revenant de mon périple autour du Québec , un journaliste m’a demandé : ”Quelle est la prochaine étape… le Canada ? Je lui avais répondu oui, 7 500 kilomètres d’une côte à l’autre”.
Durant ma session d’automne à l’Université Laval, je pensais beaucoup à entreprendre une telle aventure et en plus, je convoitais le faire en faveur d’une cause. J’ai remarqué que des exploits comme ceux-là pouvaient être très médiatisés. Alors, tranquillement je me suis mis à élaborer mon itinéraire. Premier plan ! 59 jours et 10 300 kilomètres. J’ai essayé de trouver quelqu’un pour m’escorter en voiture mais faute de fonds et de gens disponibles, l’idée est tombée à l’eau. J’ai donc entrepris d’y aller en solitaire, muni de mon sac à dos, comme ma traversée du Québec.
J’ai alors contacté la responsable d’Unicef à Québec pour faire une levée de fonds pour un organisme qui milite pour les enfants sur la planète. Puis, plusieurs demandes de commandites infructueuses ont eu lieu chez différentes compagnies rattachées aux cyclisme. Mon seul commanditaire a été ”Les bicyclettes de Hull” chez qui j’ai travaillé un mois avant de partir. Ils m’ont aidé à financer l’achat d’un nouveau bolide de marque Devinci. Radio-Canada et TVA sont venues faire des entrevues avant mon départ et je me suis retrouvé aux nouvelles de 18h.
Côté préparation, l’hiver a plutôt été calme. J’ai réellement commencé mon conditionnement au mois de mai. Avec un peu plus de 1 500 kilomètres dans les jambes, je me suis fixé un petit défi avant de partir : parcourir Hull-Blue Sea durant une journée. Haut la main, j’ai parcouru les 192 kilomètres qui couvrait la distance. Cependant, j’ai fait le trajet sans aucun sac à dos, un ajout de pas moins de 30 livres.
Buts et causes
Le but du projet consistait à venir en aide aux gens démunis victimes de pauvreté dans le monde. En entreprenant un voyage à vélo à travers le Canada, les fonds amassés pourraient ensuite être remis à UNICEF. Beaucoup de gens se réveillent en ne pensant qu’à survivre, ce qui est inadmissible selon moi. Avec ce projet, je n’avais pas pour objectif d’enrayer la pauvreté de ce monde, comme je l’ai indiqué dans mon document de présentation à Unicef, je désirais simplement aider les personnes à connaître de meilleurs lendemains.
Le projet n’était pas qu’un accomplissement personnel. Je voulais transmettre un message en relevant ce défi : chacun peut faire son petit bout de chemin pour venir en aide aux personnes démunies. Je cherchais à conscientiser le plus de personnes possible quant aux problèmes de la pauvreté. Beaucoup trop de gens travaillent à des salaires de crève-faim, souffrent et meurent de malnutrition. Bien que mon projet ne soit qu’une goutte d’eau dans la mer, si quelques âmes de ce monde peuvent survivre, se faire vacciner contre le SIDA, se nourrir, s’éduquer, je me dis que ça en valait la peine.
Vision du voyage
Le voyage consistait à traverser le Canada à vélo, une randonnée en solitaire de plus de 10 300 kilomètres selon l’itinéraire que je m’étais tracé. Le périple se déroulait sur 68 jours, comprenant 59 jours de vélo et 9 jours de repos. Le départ a eu lieu le 10 juin 2006 à Ottawa. J’ai pris l’avion à destination de Campbell River en Colombie-Britannique. Mon départ officiel à vélo a cependant eu lieu le 12 juin 2006. Je suis parti avec un sac à dos, une tente et le nécessaire pour la route. J’ai traversé le Canada d’un océan à l’autre jusqu’à St-Johns, Terre-Neuve, ensuite j’ai repris l’avion pour revenir à Gatineau. Je prévoyais arriver à St-Johns vers le 18 août. Il ne s’agissait pas d’une course contre la montre, mais plutôt d’un accomplissement ayant pour but d’amasser des fonds.
En ce qui concerne l’hébergement, j’ai trouvé nid, avec ma tente, chez de bons samaritains qui m’ont laissé coucher sur leurs terrains ou encore dans des terrains de camping. J’ai rencontré des gens qui ont fait des dons pour supporter ma cause. Les dons monétaires ont été faits via le site Internet d’Unicef. Les fonds ont tous été distribués à Unicef.
Colombie-Britannique
J’arrive à Campbell River suite à des escales à Calgary et Vancouver. Un magnifique passage m’accueille et je sens que le voyage en a valu la peine. Je vais chercher mon équipement de camping pour ensuite me trouver des hôtes où je pourrais piquer ma tente. Le principe est le même que l’an dernier : je vais cogner chez les gens pour qu’ils me laissent coucher sur leur terrain m’épargnant ainsi les frais de sationnement en plus de pouvoir, dans la plupart des cas, utiliser la douche.
Le départ est lancé le 12 juin pour laisser à mon corps le temps de s’habituer au décalage horaire de trois heures. Alors sur l’Île de Vancouver, je passe deux magnifiques journées à contempler les merveilles de la nature. Ensuite, de Victoria, un traversier pour Vancouver, Whistler, Kamloops, Revelstoke, Golden, Banff… La Colombie-Britannique est de loin la plus belle province au Canada. Suivent dans l’ordre Terre-Neuve, le Québec, l’ouest de l’Alberta et la Nouvelle-Écosse.
La Colombie-Brintannique se caractérise par ses pentes abruptes, ses ascensions éternelles (15 kilomètres à 9 % !!), la beauté de ses paysages, l’accueil chaleureux de ses habitants, des routes impeccables et un climat humide.
Mon plus beau souvenir de la Colombie-Britannique aura été cette famille qui m’a hébergé à Lilloet (140 kilomètres au nord de Whistler). J’ai été accueilli comme un roi. Ils ont fait venir les journalistes de la place pour m’interviewer, m’ont servi un bon souper, m’ont fait visier leur communauté en camion et m’ont même envoyé une carte de Noël. Ils m’ont aussi offert un repas au Pizza Hut à Kamloops. Vraiment ”sensas” comme rencontre.
Distance parcourue : 1 250 kilomètres ; altitude maximale : 1 656 mètres (Kicking Horse Pass) ; 1 crevaison ; durée : 9 jours ; vents plutôt calmes.
À suivre : En Alberta