Publié le 2/7/2009
Jessica Lamoureux se tue aux guidons de son puissant VTT
Un accident fait une jeune victime à Grand-Remous
Jean Lacaille - Grand-Remous - La jeune Jessica Lamoureux, qui n’avait que 15 ans, a perdu la vie dans un accident de VTT vers 22h30 samedi sur le chemin Baskatong à Grand-Remous.
Selon la SQ, la jeune conductrice a perdu le contrôle puis a été éjectée de son bolide après avoir embouti un arbre. L’inexpérience de la jeune conductrice et la vitesse seraient à l’origine du drame qui a semé tout un émoi dans la population de Grand-Remous. Elle portait un casque protecteur qui n’avait pas été bien attaché.
Elle a été retrouvée à deux kilomètres de la résidence familiale à la suite de recherches de la part de membres de sa famille et la SQ. Aucune trace de freinage n’a été remarquée sur les lieux de l’accident. La Loi sur les véhicules hors route précise qu’il faut être âgé d’au moins 16 ans et avoir suivi une formation pour enfourcher un tel véhicule souligne le porte-parole de la SQ, Claude Denis. Et de plus, il faut détenir une permis de conduire pour utiliser un VTT sur sur une route asphaltée.
Une passionnée de hockey
Jessica Lamoureux était une passionnée de hockey et la seule fille de la Vallée-de-la-Gatineau à être membre de l’équipe bantam CC Les Mustangs de Maniwaki, qui s’est d’ailleurs rendue jusqu’à la finale québécoise de la Coupe Dodge.
Un cadeau
Ses parents, Pauline Cyr et Martin Lamoureux, lui avaient offert un quad Bombardier 650 en cadeau pour la féliciter d’avoir réussi son secondaire II à la Cité Étudiante de la Haute-Gatineau. Elle allait faire le plein d’essence à une station du village. Elle était partie à 16h et n’est jamais revenue à la maison familiale.
Une lourde perte
Elle était une source de fierté pour son père et sa mère de même que pour son frère Miky, âgé de 17 ans, et la population de Grand-Remous. Elle avait fait l’objet d’une collecte populaire, en février dernier, pendant le carnaval d’hiver annuel de Grand-Remous.
Le maire de Grand-Remous, Gérard Coulombe, avait souligné son excellence et disait d’elle qu’elle était une fière ambassadrice de la municipalité elle qui a participé aux Jeux du Québec, au sein de l’équipe féminine outaouaise de hockey sur glace.
Réaction de son coach
Avec des trémolos dans la voix, l’entraîneur des Mustangs bantam CC de Maniwaki, Mario Gauthier, se souvient très bien de l’attitude de la jeune Jessica lorsqu’elle s’est rapportée au camp de sélection pour tenter de se mériter un poste régulier au sein de la formation.
«Elle était une attaquante en puissance. Elle n’avait peur de rien. Lors d’un match en particulier, je me souviens qu’elle avait été rudement plaquée le long de la bande par un adversaire. Je croyais qu’elle allait retraiter au banc mais elle a continué d’harceler ses adversaires comme si absolument rien ne s’était produit. Elle avait beaucoup de caractère.»
L’entraîneur Gauthier se souvient très bien de sa réaction quand il lui a confirmé qu’elle avait été sélectionnée pour faire faire partie de son équipe. Et le fait qu’elle soit une fille n’a eu aucun effet négatif sur ses coéquipiers.
«Elle était impressionnante. Jessica, sans rien enlever à mes jeunes troupiers qui ont tous été exceptionnels, a été la plus grande révélation de notre équipe lors de la dernière saison. Je peux dire qu’elle m’a autant apporté par son goût de jouer que j’ai pu lui donner en tant qu’entraîneur. Elle voulait absolument faire l’équipe. Elle ne nous a d’ailleurs pas laissé le choix. Elle maniait bien la rondelle et avait un excellent coup de patin. Il lui arrivait souvent de s’entraîner en solitaire au Centre sportif de Grand-Remous.»
Il n’y aura plus de #40
Le chandait #40 qu’elle portait au sein de l’équipe bantam CC de Maniwaki sera retiré puis remis aux membres de sa famille lors de ses obsèques.
Étienne Marois, président de l’Associatiion de hockey mineur de Maniwaki ignorait tout à propos de la jeune Jessica lorsque nous l’avons rejoint au garage Marois de Gracefield lundi matin.
«Je connaissais bien Jessica mais pas autant que son entraîneur Mario Gauthir. Les sportifs que je côtoyais au sein de notre organisation n’avaient que de bons mots pour elle. L’association est en deuil. C’est comme perdre une membre de sa propre famille.»
Son idole était Sidney Crosby des Pingouins de Pittsburgh. Sa chambre était tapissée d’affiches de joueurs de hockey. Ces mêmes affiches tapissaient un mur du Centre Jean-Guy Prévost lors du carnaval d’hiver en février dernier.
La circulation illégale de véhicules hors route est une coutume grandement répandue, surtout en zone rurale. Les parents de Jessica ont confié à la presse nationale que les sentiers dans le secteur du chemin Baskatong étaient mal entretenus. «S’ils veulent que les jeunes passent dans les sentiers, il faudrait qu’ils les réparent. Chez nous, les jeunes qui circulent en quad sur la route sont un véritable fléau», d’expliquer la mère de la jeune victime.
Le lieutenant-chef du poste de la Sûreté du Québec de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau à Maniwaki, Isabelle Lebeau, a indiqué la semaine dernière alors qu’elle participait à la conférence de presse sur la marche annuelle de la Fondation du Centre de santé et de services sociaux de la Vallée-de-la-Gatineau, que la SQ allait intensifier la surveillance et rencontrer les jeunes dans le but de les dissuader de circuler dangereusement, autant dans les sentiers que sur les voies publiques municipales, sans détenir les permis obligatoires. L’opération concerne également les parents qui la plupart du temps sont très permissifs à l’endroit de leurs enfants même s’il n’est pas évident de contrôler les quads qui sont de plus en plus puissants.
Je tiens à offrir mes sympaties à la famille de Jessica. Je voudrais par contre apporter un commentaires à cette histoire de permis, d’âge et formation concernant la conduite d’un VTT.
Je trouve que personnellement quand ton heure est arrivée ce n’est ni un permis de conduire ou une formation ou encore l’âge que tu as, qui peut y changer quoi que se soit. Les enfants ne peuvent plus rien faire de nos jours, je préfère voir mes enfants (qui n’ont pas 16 ans) conduire des VTT et s’amuser que de de les voir traîner on ne sait où en s’emmerdant. Il faut laisser nos enfants vivre un peu. Je déplore toute ces nouvelles lois qui empêchent nos enfants de découvrir. Jessica est devenue ce qu’elle était en faisant ce qu’elle aimait le mieux.