Publié le 19/3/2008
Suicide ou meurtre prémédité ?
(Ou comment vider lentement une région )
Allo Ouaouais.com - Allo Outaouais.com publie cette opinion de Mme Emmanuelle Michaud sur la situation précaire qui prévaut actuellement à la Maison de la culture de la Vallée de la Gatineau.
Pourquoi la Maison de la culture doit-elle toujours se battre pour sa survie? Pourquoi ne peut-elle pas tout simplement remplir son mandat sans se soucier de sa survie continuellement? Lorsque l’on a toujours faim, on ne se préoccupe que d’une chose, se nourrir! Quand on a à peine de l’argent pour se nourrir et se loger, on ne peut vivre pleinement et se concentrer efficacement sur ses actions. Comme nous sommes dans une génération de Tanguy, la Maison de la culture aurait aussi besoin d’un toit pour se loger et se nourrir, sans avoir à en assumer le coût, pour ainsi faire son travail efficacement.
La MRC a créé la Maison de la Culture en 1999 et à travers les années, elle a connu bien des déboires, on ne peut se le cacher. Plusieurs personnes ont tenu la Maison de la culture à bout de bras au fil des ans. On a qu’à penser à Agathe Quévillon qui s’est battue et débattue pour la maintenir en vie! Moi, je lui lève mon chapeau. Rares sont les gens qui ont une telle passion et un tel espoir.
«Le conseil de la MRC reconnaît l’importance de la culture et du patrimoine comme source d’identification commune et de fierté collective.» N’est-on pas fiers d’avoir une Maison de la culture sur notre territoire? N’est-on pas contents d’avoir droit à des spectacles et des représentations cinématographiques dans notre région? En plus de devoir aller à Gatineau ou ailleurs pour recevoir des soins spécialisés ou certains services, nous devrons aussi nous y rendre pour aller voir des spectacles ou des pièces de théâtre? Ai-je besoin de dire l’impact sur les commerçants de la région et la population en général? Car, impact il y aura.
La culture n’est pas un luxe, mais une nécessité. La culture n’est pas une dépense, un montant de taxes ou de quote-part, il s’agit d’un investissement, d’une richesse collective.
Comment peut-on attirer et retenir des jeunes en région, quand on a de moins en moins à offrir? Comment peut-on rester conséquent avec des programmes comme Complicité-Emploi ou le programme Rues Principales, qui tente de revitaliser le centre-ville, alors que l’on risque de laisser mourir la Maison de la Culture? Oui, vivre en région attire certains jeunes et certaines familles, mais cela doit inclure un minimum de services.
Malheureusement, en plus du reste, il y a des gens qui ne comprennent pas que le rôle d’un conseil d’administration est de travailler pour le bénéfice de l’organisation. Quand on ne croit pas au développement et à la survie d’une organisation, vaut mieux laisser sa place à d’autres et arrêter de desservir! Comment peut-on représenter un organisme et vouloir sa mort?
Heureusement, nous avons aussi des gens qui croient et travaillent à la survie de la Maison de la culture et au développement de notre région, tant au niveau local, régional que provincial. Nous avons une belle région, pleine de richesses et de ressources. Je crois que notre région a un énorme potentiel et qu’en travaillant ensemble, dans la même direction et pour son développement, nous pouvons arriver à de grandes choses.
Sommes-nous seulement une poignée de gens à croire que la survie de la Maison de la culture est importante? N’y a-t-il que quelques personnes à vouloir continuer à se battre pour conserver le diffuseur officiel de la culture sur le territoire ? Soit que l’on se mobilise, soit qu’on se laisse mourir lentement mais sûrement…
À force de trop vouloir, à force de trop avoir l’espoir qu’un jour tous travailleront dans le même sens pour, non pas la survie, mais la vie de la Maison de la culture, est-ce que l’on peut être accusé d’acharnement culturel?
Emmanuelle Michaud
Une jeune femme qui voudrait bien rester dans la région