Publié le 22/8/2008
Six heures d’attente pour une ambulance
«Le système est tout croche » - Jeannette Clermont
Jean Lacaille – Blue Sea – Albert Clermont est atteint d’un cancer incurable. Ses jours sont comptés et il souffre le martyre. Son épouse, Jeannette, veut éviter aux autres ce qui est arrivé à son mari vendredi dernier.
Albert, et la jeune infirmière qui l’accompagnait, sont partis de l’hôpital de Maniwaki en ambulance à 11h20 dans la matinée de vendredi dernier en route pour l’hôpital de Gatineau où il s’est prêté à un examen oncologique. Son épouse Jeannette s’y est rendue avec son véhicule. Elle l’attendait à Gatineau.
«À 16h, Albert avait complété tous ses examens. Croyez-le ou non, nous sommes revenus à l’hôpital de Maniwaki à 12h10 samedi matin. Ça n’a aucun sens. Le système de santé est malade. Mon mari souffrait le martyre étendu sur sa civière réclamant des injections de morphine à raison de 15 milligrammes à l’heure. C’est inhumain de traiter une personne de la sorte. J’étais tellement enragée que j’aurais pu crier n’importe quoi à n’importe qui. J’ai repris mes sens sur l’insistance de ma fille Julie.»
Trois appels aux ambulanciers
La jeune infirmière qui accompagnait M. Clermont, le soignant constamment et l’injectant de sa dose de morphine à l’heure a appelé une première fois pour une ambulance à 16h10. On lui a alors indiqué qu’on ne pourrait se rendre avant 18h. Un second appel a été logé aux ambulanciers à 17h30. Aucune ambulance n’était disponible avant 19h ou 20h.
Les ambulanciers ont précisé qu’il s’en tenait aux cas d’urgence seulement. Albert Clermont n’était pas une priorité puisqu’il était déjà dans un centre hospitalier et sa vie n’était pas en danger.
«Nous comprenons la réaction des ambulanciers. Ils ne sont pas à blâmer. Ce que nous ne comprenons pas, c’est que mon Bert, malade comme il est, n’ait pas eu droit à des services de santé plus adéquats pour son état. Ça pas d’allure. Le système de santé est tout croche. Si nous en parlons, c’est pour éviter que d’autres personnes, dans le même état que mon Bert, soient prises dans cet engrenage qui n’a rien de valorisant pour un malade. Les politiciens me font rire quand ils disent que le système de santé s’améliore. Pour éviter que d’autres personnes subissent le même sort que mon Bert, il serait grand temps qu’on instaure un système d’urgence adéquat pour les transferts de malades incurables. Personne ne mérite de vivre un tel enfer.»
Jeannette Clermont n’a rien à redire sur le personnel de l’hôpital de Maniwaki ni de celui de Gatineau. «Ces personnes vont sûrement se reconnaître. Je tiens à les saluer et leur témoigner toute ma reconnaissance pour leur sens du professionnalisme et de respect témoigné à mon mari. Il n’est pas normal que mon Bert ait attendu six heures pour une ambulance. Les ambulanciers ne suffisent pas à la tâche, c’est bien évident. Qu’on augmente les effectifs en fonction des besoins de la population, c’est tout ce qu’on demande.»
«À 21h10, notre jeune infirmière, qui a été d’une délicatesse et d’une efficacité remarquables a été obligée d’appeler à l’hôpital de Maniwaki pour de la morphine.»
À la maison
Dans la soirée de jeudi dernier, Jeannette a appelé le 911 de sa résidence de Blue Sea afin qu’on vienne chercher son mari qui se tordait de douleur. Moins de cinq minutes, suivant son appel, Francine et Fernand Gagnon et Éric Lacaille de l’équipe des Premiers répondants de Blue Sea étaient à la résidence des Clermont.
«Ils sont entrés, se sont dirigés directement vers Bert. Ils furent pour moi comme un rayon de soleil. Ils ont pris ses signes vitaux. Mme Francine est venue me réconforter au salon. J’en revenais tout simplement pas. Quelles bonnes personnes. Ils ont indiqué à Bert qu’ils étaient là en attendant les ambulanciers qui étaient en route.»
Les ambulanciers sont arrivés à 20h30 et ils ont conduit le patient à l’hôpital de Maniwaki. «Bert est en phase terminale de cancer. Il ne ressortira pas de l’hôpital. Il avait besoin de soins et de médicaments pour atténuer sa douleur qui ne le quitte plus. Nous sommes tellement impuissants face à un être humain qui souffre. J’espère, de tout coeur, qu’on comprendra notre message. Il faut que les transferts en ambulances de patients du type de mon mari se fassent plus rapidement. Il faut que les patients conservent ce qu’ils ont de plus précieux, leur dignité».
J’ai fait environ plus de 30 ans dans le système ambulancier commencant avec l’ambulance Gamache de Gracefield, les ambulances Champlain de Hull, les ambulances du Québec à Gatineau et les services de la region d’Ottawa. Le problème aujourd’hui est que les paramédics se considerent trop bons pour les appels non-urgents. Le service pour non-urgent devrait être séparé complètement des services ambulanciers et devrait opérer sur une base de service subventionné par les gouvernements avec des primes à la performance. Les délais à fournir le service aux cas non-urgents augmentent les délais dans les urgences, car plus on retarde ses services, plus cela recule à l’urgence. Des patients qui devraenit etre rendus chez eux restent trop d’heures dans l’hopital et le(s) patient(s) qui devrait être admis dans ce lit empêche une (d’)autre personne(s) d’être vue plus rapidement à l’urgence.