Publié le 9/11/2007
Mise en demeure contre l’Accueil du Petit Lac
“La municipalité est de mauvaise foi !” – Christian Paquette
Jean Lacaille – Nominingue- “Depuis 2005, nous avons la municipalité sur le dos. La réception, par huissier, d’une mise en demeure le 18 octobre dernier est la goutte qui a fait déborder le vase”, indique Christian Paquette, directeur de l’Accueil du Petit Lac de Nominingue.
Le directeur général, pour situer les lecteurs de Allo Outaouais. com a brossé un bref historique de l’établissement qui a été construit par la Congrégation des Soeurs de Sainte-Croix en 1962. Il comporte 30 chambres, des salles de réunion et une salle à dîner où des repas sont servis sur demande. Il n’y a pas de bar dans l’établissement.
“En 1962, il n’y avait pas de zonage dans notre secteur. Au moment de la construction, les Soeurs ont obtenu leur permis. La municipalité ne s’est jamais préoccupée de ce secteur et n’a jamais tenu compte de l’utilisation qu’on faisait de l’établissement”, précise Christian Paquette.
En 2002, l’administration provinciale des Soeurs de Sainte-Croix décidaient de vendre l’établissement. Au tout début, la Congrégation comptait quelque 250 religieuses dans les Hautes-Laurentides. Elles ne sont plus que 15 dans le moment.
“Les religieuses de Nominingue n’ont pas voulu que l’établissement passe à d’autres propriétaires. Elles ont décidé d’investir et de rafraîchir l’établissement en y ajoutant la restauration et des salles de réunion. Elles ont alors fait appel aux Jésuites pour diriger le projet d’expansion de l’Accueil du Petit Lac de Nominingue.”
Les permis
Pour procéder aux travaux, les Soeurs n’ont pas eu de peine à obtenir les permis de construction et de rénovation de la municipalité de Nominingue. “La municipalité a même procédé aux inspections d’usage des travaux qui avaient été effectués.”
Jalousie au village
Toute la tempête qui secoue l’Accueil du Petit Lac, et toute la population de Nominingue qui n’a pas manqué de se plaindre auprès de la municipalité, provient de plaintes de commerçants et d’aubergistes de Nominingue qui estiment que les Soeurs leur font une concurrence déloyale avec leur auberge et leurs services de restauration.
La municipalité s’interroge
Dans une lettre qu’il adressait à Soeur Marie-Reine Perreault, le 9 janvier 2006, Richard Lasnier, directeur de l’urbanisme à la municipalité de Nominingue, voulait avoir plus d’informations sur les nouveaux services d’hôtellerie ainsi que sur les années où ces nouveaux services avaient été offerts pour la première fois au public en général. Il voulait également connaître les projets anticipés par l’établissement pour les années à venir.
Quatre jours plus tard, le 13 janvier 2006, le directeur général Christian Paquette, répondait à Richard Lasnier en insistant sur le fait que l’Accueil n’a jamais été un couvent, ni une maison d’enseignement. Il fut construit afin d’accueillir en séjour d’hôtellerie, des religieuses, des organismes diocésains, des étudiants et des laïques dès sa fondation.
“Nos activités aujourd’hui sont les mêmes. Nous avons toujours la mission d’héberger, de nourrir et de permettre la tenue de réunions ou de rencontres. L’Accueil fut agrandi il y a 30 ans, à la demande du diocèse afin de pouvoir accueillir un plus grand nombre de religieux et de laïques. Cette clientèle demeure encore aujourd’hui, et depuis plus de 40 ans. Nous avons toujours offert des services au public en général, sans en faire une grande promotion puisque nous bénéficions d’une clientèle fidèle d’habitués” poursuit Christian Paquette.
Pas de problème
Il n’y a pas de nouveaux services d’hôtellerie à l’Accueil, ils sont les mêmes mais plus spécialisés, mieux orchestrés, avec une meilleure cuisine, des menus plus ciblés, des services plus efficaces de réunions, une décoration rafraîchie après 40 ans d’usure.
“Notre clientèle vieillit et nous devons la renouveler en rappelant notre existence aux nouvelles générations et organisations de la région. Nous souhaitons accuellir aujourd’hui les enfants et les petits-enfants de ceux et celles qui vinrent à l’Accueil dans le passé pour les mêmes raisons et pour les mêmes services qui ont été offerts à leurs parents et grands-parents.”
Pas de changements
Le directeur général indique que dans les années à venir, l’Accueil du Petit Lac n’entend pas changer la dynamique de l’établissement en dehors des activités traditionnelles d’accueil et d’aide aux jeunes en situation précaire. Trois jeunes demeurent en résidence actuellement. Pour poursuivre ses opérations, l’Accueil devra cependant réaliser des travaux de rénovation.
La grogne des commerçants
La municipalité de Nominingue, selon le directeur général de l’Accueil du Petit Lac, s’est mise sur le dos de l’institution qu’il représente depuis la fin de 2005 à la suite de plaintes qui lui ont été adressées par les commerçants et aubergistes locaux.
“Ce dossier est rempli de conflits d’intérêt et de jalousie. Depuis que la municipalité a amorcé ce face-à-face, la population est outrée et a clairement laissé savoir son mécontement aux élus municipaux¨, précise le Christian Paquette.
Le 20 septembre dernier, la municipalité insistait auprès de l’Accueil pour qu’il cesse ses opérations. Une demande de modification au zonage dans le secteur, qui compte actuellement quatre propriétés, a été rejetée à la suite de l’opposition des citoyens.
Le Centre Dianova, une propriété abandonnée par les Clercs de St-Viateur, qui sont déménagés à Terrebonne, faisait l’envie d’un promoteur qui voulait y aménager un complexe de 100 unités d’hébergement. “Le changement de zonage, par la subdivision des lots dans le secteur, n’avait pas d’allure. Il a donc été rejeté par les contribuables. La municipalité est véritablement de mauvaise foi dans ce dossier¨.
Mise en demeure de la municipalité
Les aviseurs légaux de la municipalité de Nominingue, Prévost, Fortin et Daoust, ont présenté, par voie de huissier, une mise en demeure adressée à Christian Paquette, le 18 octobre dernier et qui se lit comme suit : Notre cliente vous informe que sur votre propriété située au 100, chemin des Grands-Ducs, à Nominingue, vous exploitez actuellement un commerce d’hébergement et de restauration. De plus, nous sommes informés que des services de formation et de réinsertion sociale pour des jeunes en difficulté sont offerts à votre établissement.
Or, selon, la réglementation de zonage applicable sur le territoire de notre cliente, dans la zone où est située votre propriété, les commerces d’hébergement (hôtels, auberges, maisons de pension) ainsi que les commerces de restauration et les usages communautaires de voisinage sont interdits.
Compte-tenu des circonstances, vous êtes par les présentes formellement mis en demeure de cesser l’exploitation d’un commerce d’hébergement et de restauration ainsi que de cesser les services de formation et de réinsertion sociale à votre établissement, et ce, dans un délai n’excédant pas quinze jours de la réception de la présente.
Soyez informé qu’à défaut pour vous d’optempérer à la présente mise en demeure, nous avons reçu des instructions précises de notre clientèle d’entreprendre toutes procédures judiciaires qui s’imposeront, le tout, sans autre avis, ni délai.
“Quand la municipalité affirme qu’elle ne veut pas fermer l’Accueil, je me demande bien ce que cette mise en demeure signifie. Nous avons bien l’intention de nous défendre. Nous irons jusqu’au procès s’il le faut et cela pourrait bien prendre un peu de temps puisque le délai d’attente est actuellement de trois ans”, conclut le directeur général Christian Paquette.