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L’actualité sociale

Publié le 12/11/2009

Une pneumonie emporte Mme Olivine Mayrand à l’âge de 107 ans

La Vallée-de-la-Gatineau perd sa doyenne

Jean Lacaille - Gracefield - Les résidents et les membres du personnel du Foyer d’accueil de Gracefield ont vécu un deuil douloureux à la suite du décès de Mme Olivine Mayrand, emportée par une pneumonie, à l’âge vénérable de 107 ans vendredi dernier.

La doyenne de la Vallée-de-la-Gatineau habitait la résidence depuis 15 ans. Mme Olivine Mayrand laisse dans le deuil ses filles Gervaise Mayrand-Girard et Marie-Paule Mayrand-Bertrand et feu Réjean et tous les membres de sa famille dont plusieurs ont participé à son dernier anniversaire en janvier dernier au Foyer d’accueil de Gracefield. La Gatineau y était le dimanche 4 janvier pour réaliser un reportage sur cette dame, hors du commun, qui était belle comme un coeur.

Olivine Mayrand est née le 4 janvier 1902 à Chénier, un petit faubourg de Gracefield. Analphabète, elle s’est retrouvée seule pour élever ses trois enfants à la suite du décès subit de son époux, Nelson Bertrand, alors qu’elle n’avait que 29 ans.

«Je ne me suis jamais remariée, devait-elle confier à La Gatineau. J’ai voulu protéger mes enfants que j’ai élevés avec tout l’amour d’une mère affectueuse. J’ai frotté et récuré toute ma vie. La crise économique des années 1930 a été très difficile pour tout le monde à Gracefield. J’ai travaillé toute ma vie. Je ne bouge pas assez ici au Foyer d’accueil de Gracefield où je suis traitée comme une reine. Les membres du personnel sont très compréhensifs et «mon p’tit coeur«, Joanne Lafrenière, embellit mon quotidien par son beau sourire. Elle s’est occupée de la fête avec des bénévoles et mes filles Gervaise et Marie-Paule.»

Une partisane du Canadien


Elle était très fière de la carte de voeu qu’elle a reçue de Jean Béliveau des Canadiens de Montréal. Kim Crytes avait fait les démarches auprès de la direction du Tricolore. «Je regarde toujours les parties du Canadien dont je suis partisane. J’ai été témoin des 24 coupes Stanley de mon équipe.»

Elle s’est également souvenue des conflits mondiaux de 1914-1918 et de 1939-1945, de l’invention des machines à lessiver, une véritable révélation pour elle qui était habituée à laver le linge à la main et le passer au tordeur. Elle a également été témoin des inventions du téléphone, de la radio, de la télévision, des articles ménagers automatisés, de l’automobile et de l’avion pour ne nommer que celles-là.

Pince-sans-rire


«Je porte des verres, mais je vous avoue que je ne vois pas mieux avec. Je les porte pour dissimuler les rides sous mes paupières. Les gens doivent élever la voix pour me parler parce que je n’entends pas bien. Mais à part ça, je me sens très bien.»

L’aînée de la famille, Gervaise, a eu 80 ans en août dernier. La deuxième, Marie-Paule, est âgée de 78 ans. Réjean, le cadet de la famille, est décédé en 1987. Olivine était la cadette d’une famille de 10 enfants. Sa mère et son père ont vécu respectivement jusqu’à l’âge de 94 et 96 ans. Sa soeur, Rose Tellier, a également été centenaire. Elle est décédée en 1999 à l’âge de 100 ans et 8 mois.

«J’habite le Foyer de Gracefield depuis 15 ans. Je me sens bien ici. J’ai consulté un médecin pour la première fois alors que j’avais 91 ans. Il cherchait mon dossier. Je lui ai dit de ne pas perdre son temps parce que je n’ai jamais été malade de ma vie.»

Elle a vécu dans le Vieux-Hull (Gatineau) pendant une quinzaine d’années mais elle est revenue dans son patelin. Elle n’aimait pas la turbulence de la vie urbaine.

«Y’a une étoile pour vous !»


La chorale de l’Assomption de Maniwaki, sous la direction de Lucille Martel-Morin, lui a fait l’honneur de chanter pour elle lors de son dernier anniversaire. Elle s’est souvenue de plusieurs airs du Cahier de la Bonne Chanson qu’elle a entonnés, avec joie, ne ratant aucun mot à la grande surprise de tous.

La chorale a amorcé son tour de chant avec la pièce d’Angèle Arseneault «Y’a une étoile pour vous» et, il y a, bien sûr, une étoile pour chacun pour nous. Puis ce fut «C’est dans les chansons», de Jean Lapointe. Mme Olivine Mayrand avait été présentée par sa grande amie, Joanne Lafrenière, qui a livré un vibrant message à la centenaire. «Notre belle Olivine est toujours en quête de temps. En ce 4 janvier, elle a vécu 38 690 jours. C’est tout un voyage ! »

La chorale de l’Assomption avait même changé le texte d’une chanson pour Mme Mayrand qu’elle a interprétée sous l’air de «Les enfants du Pirée». Un léger goûter avait été servi aux quelque 60 personnes présentes pour cette fête en son honneur, qui devait être sa dernière.

Ravie par l’organisation, Mme Mayrand avait remercié chaleureusement les membres de la Chorale de l’Assomption de Maniwaki de même que tous ceux et celles qui avaient oeuvré au succès de la fête et les membres de sa famille et ses nombreux amis.

La Maison funéraire Mc Connery a confirmé que Mme Olivine Mayrand sera exposée le vendredi 13 novembre de 14h à 17h et de 19h à 22h à Gracefield. Le service funèbre a lieu le samedi 14 novembre, à 11h, à l’église de la Visitation de Gracefield.

Les actionnaires, la direction et les membres du personnel de La Gatineau offrent leurs plus sincères condoléances à la famille de Mme Olivine Mayrand.

 
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