Publié le 30/10/2007
Un cimetière oublié pendant des années refait surface
Yolande Calvé – Maniwaki- Même si les missionnaires visitaient une ou deux fois par année les indiens et les chantiers, le long de la rivière au Désert et de la Gatineau, ce n’est qu’en février 1849, lors d’une visite, que Mgr J. Bruno Guigues rencontra le chef indien, Antoine Pakinawatik qui lui exprima le désir d’avoir un prêtre résidant.
En septembre de la même année, le père Thomas Clément et le frère James Brady s’installèrent dans la maison de Passenjewan, frère du chef indien. On y fit une allonge pour servir de chapelle et résidence pour le missionnaire et son compagnon.
Lors de la réunion des évêques de Montréal, ceux-ci encourageaient Mgr Guigues à pousser plus l’aide au père Clément. C’est ainsi que le Père Andrieux, occupé avec les chantiers, resterait avec le Père Clément.
Les deux missionnaires Clément et Andrieux, avec la permission de Mgr Guigues, n’ont pas tardé à mettre cette mission sous la protection de l’Assomption de Marie. C’était le 8 juin 1851.
Quelques mois plus tard, le Père Clément, dans une lettre à Mgr Ignace Bourget, résumait l’organisation matérielle de la mission ASSOMPTION DE MARIE : une chapelle en bois, une hutte pour les missionnaires, une croix et un cimetière.
Dans ce cimetière, peu de personnes avaient été enterrées avant le début de la mission car les familles indiennes voyageaient beaucoup pour la pêche et la chasse.
Avec les années et la présence des prêtres à la mission, le nombre d’enterrements a augmenté, autant du côté des blancs et des indiens.
En mai 1880, le Père M. Prévost demanda à l’Évêque J. Thomas, d’Ottawa, l’autorisation de changer de place le cimetière de la mission Assomption de Marie pour les raisons suivantes : les éboulis causés par la crue des eaux de la rivière Gatineau, détruisaient des fosses et menaçaient d’emporter encore des cercueils. La population de la mission y compris les indiens étaient d’accord sur la nécessité d’avoir un nouveau cimetière plus sécuritaire. La même autorisation est demandée auprès de l’autorité civile de la province de Québec.
Le 7 novembre 1882, le Père Jean-Marie Pian déclara ouvert le nouveau cimetière de la paroisse Assomption de Marie, au bout de la rue Comeau. Après la bénédiction des tombes et des fosses, on y transporte les corps du Père William Corbet, OMI, des frères Robert Gillie, Jos M. Chalifoux et Terence Kieran. Entre 1882 et 1888, 252 autres personnes dont 193 blancs et 59 indiens ont été transportées dans ce nouveau cimetière de la paroisse.
Dans les années 1868 et 1869, on avait bâti une église et un presbytère pour la paroisse Assomption de Marie.
Les années ont passé et personne ne s’est soucié de l’avenir de ce grand lot au coin des rues Comeau et Père Laporte. En 1942, on a dû agrandir le cimetière no. 1 dans le lot voisin, on a ouvert le cimetière no. 2.
En 1960, un autre cimetière s’imposait, on le retrouve au coin des rues La Ferme et Joanis, le no. 3.
Depuis 1960, plusieurs propriétaires ont occupé ce lot pour diverses raisons. Connaissaient-ils l’histoire du VIEUX CIMETIÈRE de 1852 ? ?
Savaient-ils que dans le sous-sol de ce lot dormaient pour l’éternité les ancêtres de plusieurs familles de Maniwaki et des alentours.
Les régistres de la paroisse de l’Assomption de Marie indiquent que le nombre de 414 Blancs et 239 Algonquins ainsi que le Père Ambroise Vincent (1863).
AURONS-NOUS, un jour, UNE PENSÉE, pour eux ?