Publié le 30/1/2009
“Faut avoir les outils pour garder notre monde» - Sylvain Lafrenière
L’Auberge 31 Milles se paie un Daultzer
Jean Lacaille - Maniwaki – Sylvain Lafrenière de l’Auberge 31 Milles à Sainte-Thérèse-de-la-Gatineau, n’y est pas allé avec le «Dault» de la cuiller. Il s’est offert rien d’un moins qu’un Daultzer, un surfaceur inventé de toutes pièces par Philippe Dault, dans l’usine de fabrication de Sports Dault et Frères à Maniwaki.
«J’ai investi 80 000 $ dans l’acquisition de ce Daultzer, un équipement indispensable, un surfaceur d’une force étonnante, afin de répondre à la demande du nombre grandissant de touristes adeptes de la motoneige qui fréquentent de plus en plus les sentiers de motoneige du secteur sud de la Vallée-de-la-Gatineau», indique un Sylvain Lafrenière, visiblement fier de son achat.
Il précise que l’investissement en vaut la peine. Les habitudes des motoneigistes ont changé. Ils ne s’éloignent plus autant qu’avant et ils recherchent les meilleurs sentiers pour pratiquer la motoneige en toute quiétude.
«Nous allons nous occuper de surfacer les sentiers de Maniwaki à Low. Nous voulons également accélérer le lien Lac Sainte-Marie-Pémichangan qui est à nos portes. L’Auberge est devenue un point de ralliement pour de nombreux motoneigistes. Nous avons vendu 60 cartes de membres des Ours blancs dans notre secteur en peu de temps. La demande est là et il faut nous assurer que l’offre soit comblée. Nous devons également tisser des liens avec les motoneigistes de Notre-Dame-du-Laus et de la région de la Petite-Nation qui lorgnent sérieusement pour notre destination. Nous voulons en arriver à créer un lien permanent avec le Parc Papineau-Labelle qui représente le trafic le plus affluent de l’Outaouais. Le Daultzer est un outil de développement dont je ne pouvais me passer pour mousser le développement touristique dans mon secteur. Il m’arrive souvent de référer des motoneigistes chez d’autres hébergeurs, à Maniwaki, par exemple. Nous devons instaurer un esprit de collaboration qui fera en sorte que notre industrie touristique se développera plus rapidement.»
Le Daultzer
Philippe Dault a vendu son premier Daultzer à un particulier pour l’entretien de ses sentiers de ski de fond. Le deuxième Daultzer est encore plus fort que le premier prototype. Il est propulsé par 42 forces d’un moteur diesel qui ne consomme que 1,5 gallon de carburant en une heure de travail. Il est fort et il s’adapte à tous les types de terrain. Il peut aller n’importe où, peu importe les conditions du temps.
«J’ai soumis mon Daultzer à des tests extrêmes tout récemment. À la demande du président des Ours blancs, François Saumure, je me suis rendu entretenir le segment de sentier compris entre Le Domaine et le lac Rapide. Le Daultzer a passé le test à la grande surprise du président et de moi-même je dois bien l’avouer. Je ne croyais pas qu’il était aussi fort et aussi maléable en terrains accidentés malgré l’abondance de la neige.»
Philippe Dault a mis quatre mois pour fabriquer son Daultzer à l’usine de fabrication des Sports Dault et Frères à Maniwaki. Le Daultzer a été breveté par Transports-Canada sous la classification «véhicules-outil», une première pour le domaine.
Exposition d’envergure
Philippe Dault présentera son Daultzer à l’Exposition des companies de surfaceurs qui aura lieu à St-Raymond-de-Portneuf sous peu. «Une rencontre est prévue avec Denis Levasseur de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ) qui tient à certifier le Daultzer avant la tenue de cette exposition. Ce faisant, il sera disponible aux 202 clubs de motoneigistes du Québec. J’ai déjà deux commandes pour 2010. Si d’autres commandes se rajoutent, nous devrons sélectionner des mécanos et créer encore plus d’emlois dans la région», indique, tout bonnement, Philippe Dault qui tient à préciser que le Daultzer est un véhicule entièrement fabriqué dans la Vallée-de-la-Gatineau. Toutes les pièces, notamment l’aluminium, proviennent de fournisseurs locaux.
«Pourquoi aller voir ailleurs quand nous avons tout ce qu’il faut chez nous. Je suis très fier de mon Daultzer. Et je peux vous dire que Sylvain Lafrenière ne regrettera pas son achat et que Guy Joanis, son opérateur bénévole, passera de belles journées dans les sentiers du secteur sud de la Vallée-de-la-Gatineau.»
Le club Les Ours blancs est intéressé par le Daultzer s’il parvient à obtenir une aide financière pour en faire l’acquisition. La chaîne de production de l’usine de fabrication des Sports Dault et Frères risque de s’allonger dans les prochaines semaines. Le Daultzer est un produit conçu et fabriqué dans la Vallée-de-la-Gatineau. Chapeau Philippe !