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L'actualité touristique

Publié le 22/11/2008

Le budget promotionnel devrait doubler selon Michel Leboeuf

Les pourvoyeurs réclament plus de visibilité

Jean Lacaille - Grand-Remous – Les pourvoyeurs du Baskatong sont en retard sur le Québec. Il sont considérés dans une classe inférieure par rapport aux décideurs de l’industrie touristique qui ne leur donnent pas les moyens de se faire valoir. Pour le président, Michel Leboeuf, il y a longtemps que la goutte a fait déborder le vase.

«Et pourtant, l’avenir de l’industrie touristique dépend en grande partie de la mise en valeur du réservoir Baskatong. Mais, on ne semble pas s’en préoccuper dans la Vallée-de-la-Gatineau», lance le président de l’Association des pourvoyeurs du Baskatong et de l’Outaouais.

«L’achalandage de la chasse est en baisse, la pêche se maintient. Si nous faisons abstraction de ce ces deux activités, l’achalandage général a dégringolé de l’ordre de 26 %. On ne comprend pas véritablement la pourvoirie ici qui pourtant génère quelque 1 650 emplois pour les activités de chasse, pêche, faune et villégiature. L’industrie génère quelque 372 000 visiteurs en Outaouais pour des retombées économiques de 11 millions $. Nous pourrions faire mieux si seulement on nous faisait plus confiance et si on investissait dans notre image.»

Un rang décevant


L’Outaouais est au premier rang du Québec pour le nombre de pourvoiries. Il y en a 23 uniquement dans le réservoir Baskatong à Grand-Remous, là même où les pourvoyeurs, de l’avis de son président, n’ont pas l’appui de la municipalité qui n’a pas souscrit financièrement à la production du dépliant promotionnel sur le réservoir Baskatong. «Mais nous sommes loin du premier rang pour l’achalandage et pour plusieurs autres facettes de notre industrie.»

Les pouvoyeurs de l’Outaouais font preuve de parents pauvres quand ils se comparent à la région de la Mauricie là où les pourvoiries de luxe poussent comme des champignons où pour une journée de plein air, le client doit débourser 100 $ par jour comparativement aux maigres 30 $ en Outaouais.

«Ici, la pourvoirie moyenne axe son développement sur le camping. Sur les 23 pourvoiries au Baskatong, seulement deux ne sont pas équipés pour recevoir les campeurs. Nous recevons un bon nombre de vacanciers mais pas nécessairement la qualité. Nos infrastructures ne sont pas adaptées. La Pointe-à-David est la seule pourvoirie qui est bien équipée. À Montréal, je ne crois pas que l’on connaisse beaucoup le Baskatong. Et ce n’est pas normal.»

La promotion


C’est le nerf de la guerre. Tourisme-Outaouais, selon le président, n’a pas la latitude financière requise pour assurer une promotion adéquate des pourvoyeurs en Outaouais. «Et Tourisme Vallée-de-la-Gatineau n’a pas de membership. Il s’agit d’une agence qui compte sur des subventions salariales pour mousser le produit touristique. Il lui faudrait plus que des subventions salariales. Il lui faudrait des membres payants. J’ai siégé quatre ans à TVG et on ne veut pas parler de pourvoiries. Les pourvoyeurs ne demandent pas la lune mais une aide financière pour promouvoir leurs services.»

Tourisme-Outaouais dispose d’un budget de 70 000 $ pour la promotion de tous les pourvoyeurs en Outaouais. Il en faudrait le double selon le président Leboeuf. «Mais le budget est consenti en fonction de la ristourne sur notre propre taxe d’hébergement. Nous n’aurons jamais plus. En fait, nous payons nous-mêmes pour notre promotion alors que d’autres intervenants de l’industrie touristique bénéficient de fonds très importants. Ce n’est pas normal.»

C’est sans compter sur les investissements que doivent faire les pourvoyeurs pour respecter les normes environnementales. Le président Leboeuf est d’accord avec la politique mais le fait qu’ils investissent dans ces normes ne rapportent pas plus d’eau au moulin. C’est donc une dépense qui ne rapporte pas. Qui ne se traduit pas par un investissement dans l’avenir de leur entreprise respective.

150 emplois à Grand-Remous


Le président Leboeuf précise que les pourvoyeurs créent 150 emplois (en moyenne huit mois par année) à Grand-Remous en plus d’attirer quelque 7 500 visiteurs qui profitent au milieu des affaires à Grand-Remous. «Nous sommes le moteur économique majeur à Grand-Remous et nous ne sommes même pas considérés par la municipalité.»

Michel Leboeuf, propriétaire du Domaine Pine Grove, voudrait bien qu’on écoute un peu plus les pourvoyeurs dans l’élaboration d’une stratégie de mise en marché et de promotion et qu’on leur consente un budget proportionnel aux autres intervenants de l’industrie touristique régionale. «Les pourvoyeurs sont une partie prenante de l’industrie touristique régionale. Ils aimeraient bien jouer la partie plutôt que de la passer sur le banc».

 
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