Publié le 7/2/2009
Marcel L’Écuyer est un pionnier des Ours blancs
Jean Lacaille - Messines – Marcel L’Écuyer pratique la motoneige depuis près de 50 ans. À 81 ans, il est toujours aussi passionné par ce sport et il chevauche toujours sa motoneige dans les sentiers des Ours blancs étant responsable du secteur de Messines.
Il figure parmi les pionniers de la motoneige dans la Vallée-de-la-Gatineau au même titre que les Émile Éthier, Raoul Lacroix, Edgar Lafrenière pour ne nommer que ceux-là.
«Je me souviens de ma première motoneige. C’était une Bombardier avec un moteur Koler à quatre temps qu’il fallait partir avec une poulie que j’ai payée 650 $ chez Hors-Bord Lafontaine et qui filait à la vitesse vertigineuse de 30 milles à l’heure. Les temps ont bien changé. Aujourd’hui, on peut franchir des kilomètres sans problème», d’indiquer celui qui n’a pas manqué de souligner le travail bénévole des Raymond Maisonneuve et Pierre Perron qui continuent à s’impliquer dans le club de motoneige Les Ours blancs comme ils le font depuis de nombreuses années.
Le début avec les Ours polaires
C’était en 1960, il y a 49 ans. Le club Les Ours polaires est né à Blue Sea et il était présidé par le regretté Émile Éthier avec l’énergique Raoul Lacroix à la vice-présidence. «Nous voulions nous acheter une motoneige Bombardier, à deux ponts, pour entretenir nos sentiers. Raoul Lacroix, qui n’avait pas son pareil pour solliciter les commerçants de la région, s’est mis résolument à la tâche pour récolter des tranches de 100 $ des commerçants de la région. Et il a réussi.»
Marcel L’Écuyer se souvient d’une anecdote. Raoul Lacroix s’était présenté chez le tenancier de bar Hector Longtain à Gracefield pour tenter de récolter 100 $ pour l’achat du surfaceur. Hector Longtain lui tend une découpure de 50 $. «C’est bien correct mon Hector, je vais fournir 50 $ pour que ça fasse 100 $ comme tous les autres donateurs. Hector Longtain a été piqué au vif. Il a finalement contribué pour 200 $ en disant à Raoul que s’il n’arrivait pas à récolter la somme nécessaire pour le surfaceur, qu’il allait l’acheter lui-même. C’était ça, l’organisation de la motoneige dans notre temps. Une foule de gens qui ont fouillé dans leurs poches pour faire avancer la cause.»
Et Maurice L’Écuyer fut le premier membre des Ours polaires à utiliser le fameux surfaceur, muni d’une pelle de quatre pieds de largeur à l’arrière. Finalement, les Ours polaires de Blue Sea et les Voyageurs des neiges de Maniwaki ont décidé de mettre un terme à leurs activités et se regrouper dans une organisation qui allait devenir le club de motoneigistes Les Ours blancs de la Haute-Gatineau.
Un autre surfaceur
En 1973, les Ours blancs ont fait l’acquisition d’un Ski-Dozer B-52 d’une valeur de 30 000 $. Les institutions bancaires craignaient un peu de prêter à l’organisation. Mais qu’à celà ne tienne «nous nous sommes regroupés pour garantir des prêts d’honneur à 1 000 $ chacun à la caisse populaire et nous l’avons acheté notre surfaceur. Et nous l’avons payé. Quelques années plus tard, on s’est même permis d’en acheter un autre deux ans plus tard alors que le club comptait plus d’un millier de membres.»
Marcel L’Écuyer se souvient très bien de l’implication exemplaire des Robert Galipeau et Edgar Lafrenière qui étaient les opérateurs bénévoles des surfaceurs des Ours blancs. «En plus, Edgar Lafrenière, n’avait pas son pareil pour recruter de nouveaux membres. Aujourd’hui, il faut absolument souligner l’implication de Raymond Maisonneuve et Pierre Perron, les responsables de la signalisation chez les Ours blancs. Ces deux gars-là accomplissent une tâche colossale pour l’organisation.»
Puis Marcel L’Écuyer parle de l’implication des Houle, des Langevin dans l’organisation. «C’est simple. Il n’y aurait jamais eu d’Ours blancs sans le bénévolat. Cette organisation s’est solidifiée par le dévouement volontaire de ses adeptes.»
De belles expéditions
Avec son fils Benoit, en 2002, il a participé à une excursion de Messines jusqu’à Chibougamou en passant par Rouyn-Noranda, Senneterre, Lebel-sur-Quévillon et Chapais, un périple de 1 500 milles en six jours. Il a également fait le tour du Lac Saint-Jean avec ses amis Edgar Lafrenière, Pierre Lafrenière et Raymond Blanchard.
En 2009, à l’âge de 81 ans, il est toujours responsable de l’entretien du secteur de Messines pour les Ours blancs. «Je me souviens de cette franche-camaraderie et de cette solidarité qui nous soudaient ensemble aux tout débuts. Le développement du sport de la motoneige et l’organisation des Ours blancs doivent beaucoup au bénévolat de leurs membres. Et je suis fier d’en faire encore partie».